Politique

Présidents de région au Cameroun : d’heureux élus et quelques déçus au RDPC

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Dans un bureau de vote de Yaoundé, lors des élections législatives et municipales camerounaises, le 9 février 2020

Dans un bureau de vote de Yaoundé, lors des élections législatives et municipales camerounaises, le 9 février 2020 © AFP

Les noms des tout premiers présidents des conseils régionaux du Cameroun sont désormais connus. Et les choix du parti de Paul Biya ont, par endroits, réservé quelques surprises.

Début 2019, l’écrasante victoire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) aux élections législatives et municipales du 9 février avait été entachée de nombreux cas d’indiscipline : certains conseillers municipaux avaient refusé de voter pour les maires ayant reçu l’onction du parti. Le RDPC était donc bien décidé à tout faire pour que cela ne se reproduise pas : ce mardi, la désignation des responsables des exécutifs régionaux a été savamment balisée en amont par le comité central, chargé des investitures.

Dans une note rappelant les exigences de discipline aux membres des différents conseils régionaux appelés à élire les présidents des régions et leurs bureaux, le secrétaire général du RDPC, Jean Nkuete, avait aussi pris le soin de mentionner que « tout membre qui dérogerait aux consignes explicites transmises par le secrétaire général du comité central remettrait en cause […] l’autorité statutaire du président national, Paul Biya ». Une mise en garde très claire qui n’a cependant pas freiné les tractations de dernière minute.

Louis Yinda écarté

À Douala, il aura ainsi fallu près de trois heures pour choisir le tout premier président de la région du Littoral. Candidat déclaré et un temps donné favori, Louis Yinda, l’ancien directeur général de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), a finalement été écarté au profit du second sur sa liste dans la Sanaga Maritime, l’ancien député Polycarpe Banlog. Ce choix surprise du RDPC a occasionné d’intenses tractations avant le vote, ainsi que l’intervention du ministre de l’Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, avant que Yinda ne se résolve à se désister.

Dans le Sud, la victoire revient à Emmanuel Mve Elemva, l’ex-capitaine des Lions indomptables

Si cet opérateur économique à succès, emblématique des années 1990, a été élu député dans la Sanaga Maritime à deux reprises, sa cote a fléchi ces dernières années. Au point qu’à l’issue des dernières législatives, sa volonté de rempiler pour un troisième mandat s’est heurtée à la montée en puissance du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN, de Cabral Libii), qui a contraint le RDPC à un partage des sièges dans sa circonscription. La désignation de Polycarpe Banlog est donc, pour certains observateurs, une énigme.

Des poids lourds sanctionnés

Dans le Sud, l’ancien capitaine des Lions indomptables, Emmanuel Mve Elemva, a été préféré aux poids lourds de la région, englués dans une guerre fratricide de positionnement, malgré ses récentes positions jugées tribalistes par l’opinion. Il s’était notamment fait remarquer en octobre dernier en accusant les ressortissants de la région de l’Ouest de vouloir  »faire main basse sur le football camerounais ». S’il n’avait jamais été inquiété pour ses propos, son ascension politique actuelle n’est pas sans surprise.

Dans la région de l’Ouest, les candidats présentés comme favoris ont également dû laisser la place à l’ancien maire du premier arrondissement de Bafoussam, Jules Hilaire Focka Focka, qui fait son retour sur le devant de la scène après avoir échoué à se faire réélire comme magistrat municipal en février dernier.

Quant à la seule femme pressentie pour diriger un conseil régional, l’ancienne journaliste Anne Marthe Mvoto, elle a été laissée sur la touche au profit de l’ancien délégué du gouvernement de la ville de Bertoua, Alphonse Wouamane Mbele, qui devient le nouveau président de la région de l’Est.

Dans les autres régions cependant, les choix du parti ont été conformes aux prévisions. Dans le Centre, l’ancien délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, a été désigné comme président, tout comme l’ancien préfet Bakoma Elango Zacheus dans le Sud-Ouest. Dans le Nord-Ouest, c’est Fru Angwafo Fobuzshi, ex-directeur de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, qui a sans surprise décroché le poste. Alim Boukar, Kalbassou Daniel et Mohamadou Dewa ont, quant à eux, été élus respectivement dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua.

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