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Paystack, Helios, Eranove… Ces deals africains qui ont résisté à la crise

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Mis à jour le 28 décembre 2020 à 11h44
Shola Akinlade, CEO de Paystack

Shola Akinlade, CEO de Paystack © Paystack

Jeune Afrique a établi sa sélection des cinq opérations d’investissement majeures (plus de 100 millions de dollars) de l’année 2020 sur le continent.

Que l’on raisonne en termes de capital-investissement ou d’opérations d’acquisition directe, stricto sensu, l’année 2020 a connu un ralentissement d’activité en Afrique – comme partout ailleurs.

Pourtant, des opérations notables ont pu se conclure, parfois suivant un processus accéléré – notamment dans les diverses ramifications du secteur de la tech.

Après tout, si certaines success stories continentales sont nées durant des crises, comme Flutterwave, qui a réussi à lever des fonds au Nigeria en pleine crise financière, ou encore Andela, créé pendant la crise d’Ebola, la crise sanitaire du Covid-19 verra aussi l’émergence de ses hérauts.

  • Le coup de tonnerre au Nigeria : Stripe rachète Paystack

Mi-octobre, l’américain Stripe, spécialiste des services financiers et logiciels, annonce avoir mis la main sur l’un des géants nigérians de la fintech, Paystack. Une transaction estimée à 200 millions de dollars, et considérée comme la plus grande acquisition de start-up du Nigeria.

Avant l’opération, Paystack avait déjà réussi à attirer à son tour de table, outre Stripe, Visa et Tencent – qui possède l’application chinoise WeChat. À cette date, plus de 60 000 entreprises au Nigeria et au Ghana utilisent Paystack pour collecter des paiements en ligne et hors ligne, lancer de nouveaux modèles commerciaux et approfondir les relations avec leurs clients.

Paystack traite déjà plus de la moitié des transactions en ligne au Nigeria et envisage une expansion continentale, après avoir lancé un projet pilote en partenariat avec des entreprises sud-africaines.

Du côté des conseils : le directeur général de Paystack, Shola Akinlade, a piloté l’opération. Il a été conseillé par The New Practice (TNP), un cabinet d’avocats basé à Lagos dirigé par Baba Alokolaro et bras nigérian du cabinet international Andersen Global.

  • La naissance d’un géant panafricain : Helios s’associe à Fairfax Africa

L’annonce mi-juillet du partenariat entre le britannique Helios Investment Partners et Fairfax Africa – filiale du géant canadien Fairfax Financial de Prem Watsa – qui vise à créer un fonds permanent Helios Fairfax Partners Corporation (HFP) -, a signé l’arrivée sur le continent d’un poids lourd panafricain du private equity, coté à la Bourse de Toronto.

Les Nigérians Tope Lawani et Babatunde Soyoye, qui gèrent actuellement un portefeuille de 3,6 milliards d’actifs avec Helios Investment Partners, acquièrent 45,9 % de participation dans la future structure HFP, et doivent devenir co-PDG de la société holding issue du regroupement.

De son côté, Fairfax place Michael Wilkerson, actuel CEO de Fairfax Africa, en qualité de vice-président exécutif de Helios Fairfax Partners. La transaction a été définitivement bouclée début décembre.


>> À lire sur Jeune Afrique Business+ : Les dealmakers qui ont travaillé au rapprochement de Fairfax et Helios


Du côté des conseils : ce deal d’envergure a nécessité la participation de nombreux conseillers en Amérique du Nord et à Londres, siège d’Helios. Fairfax a été conseillé par les équipes Afrique de McCarthy Tétrault LLP, du point de vue juridique, par le britannique Alvarium pour l’évaluation financière, et par Goodmans LLP, en tant que conseil du comité spécial mis en place par des administrateurs indépendants du groupe.

Quant à Helios, les aspects financiers ont été conseillés par Lazard, et les points juridiques par les cabinets Kirkland & Ellis LLP et Stikeman Elliott LLP.

  • DPI, CDC, BERD : 750 millions de dollars pour une plateforme pharmaceutique

Le capital-investisseur panafricain Development Partners International (DPI), et ses quelque 1,7 milliard de dollars sous gestion en Afrique, a finalisé en novembre la mise en œuvre d’une plateforme d’investissement dans le domaine de la santé, en partenariat avec le britannique CDC et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

Le trio d’investisseurs a déjà fait l’acquisition de l’égyptien Adwia Pharmaceuticals, fabricant de médicaments génériques, et de l’indien Celon Laboratories Pvt, spécialiste en oncologie, pour une enveloppe globale de 250 millions de dollars. La plateforme prévoit de lever jusqu’à 500 millions de dollars supplémentaires pour l’exécution de ses projets industriels.

Des sommes conséquentes dans le paysage africain de la santé. Et, selon Jeune Afrique Business+, ces premières transactions seront rapidement suivies d’autres prises de position dont les tickets n’auront pas de taille minimale.

Du côté des conseils : les transactions ont été supervisées sur le plan légal par le cabinet international Freshfields Bruckhaus Deringer, par Matouk Bassiouny & Hennawy en Égypte, et le cabinet Shardul Amarchand Mangaldas & Co en Inde.

  • Énergie : plus de 300 millions d’euros de financement pour Eranove en Côte d’Ivoire

Début mars, le fonds panafricain ECP annonce que sa principale société en portefeuille, Eranove, vient de sécuriser un accord financier de 303 millions d’euros pour la centrale électrique Ciprel V (Atinkou) à cycle combiné de 390 MW en Côte d’Ivoire.

C’est l’IFC, filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, qui a soutenu le financement, sous forme de dette, de 75 % du coût total du projet ivoirien (404 millions d’euros). Les prêteurs étant essentiellement des institutions de financement du développement : BAD, FMO, DEG, EAIF, fonds de l’Opep (Ofid) et l’IFC.

Eranove prévoit que la centrale électrique fournira de l’énergie à environ un million de foyers en Côte d’Ivoire, soutenant ainsi les efforts nationaux visant à faciliter une croissance économique durable grâce à un accès accru à une énergie abordable.

Du côté des conseils : les cabinets d’avocats White & Case et Clifford Chance sont intervenus auprès de la société Atinkou (et de son actionnaire Eranove) ainsi que de ses bailleurs de fonds dans le cadre de la structuration et du financement du projet de centrale électrique situé à 40 km à l’ouest d’Abidjan.

  • La percée d’Actis dans les datacenters

Alors que la bataille pour la « data » africaine est officiellement lancée, face aux géants Amazon et Microsoft, l’énorme potentiel du marché – 1,7 milliard de dollars en 2019 pour le seul segment des services cloud – attire les investisseurs.

En pleine ère Covid, qui a plus que jamais démontré l’importance de la tech dans nos économies, une opération notable est intervenue en mars. Le fonds panafricain Actis, établi à Londres, a pris une participation majoritaire dans l’opérateur nigérian Rack Centre. Associé au sud-africain Convergence, Actis entend poursuivre un programme total de 250 millions de dollars d’investissement, y compris en zone francophone.

Créé en 2012, Rack Centre possède un datacenter à Lagos hébergeant 80 clients internationaux, régionaux et locaux. Actis souhaite participer à l’extension de celui-ci en vue de proposer une capacité supérieure à 10 mégawatts (MW), soit une offre digne des datacenters européens.

Du côté des conseils : si les noms des cabinets qui ont conseillé l’opération n’ont pas été divulgués, il est à noter l’intervention d’une société de conseil en ingénierie, Arup. Ce spécialiste de la conception et de la construction de datacenters a déjà conçu plus de 2 000 MW de capacité informatique pour des géants technologiques et des fournisseurs de colocation dans le monde.

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