Politique

Côte d’Ivoire : pourquoi Ouattara et Bédié ne se parlent plus

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Mis à jour le 24 décembre 2020 à 15:56

Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, le 11 novembre, à Abidjan. © Issouf SANOGO / AFP

Le chef de l’État a chargé son Premier ministre Hamed Bakayoko de conduire le dialogue politique avec l’opposition. Ce dernier s’est ouvert le 21 décembre.

Le 21 décembre, Henri Konan Bédié (HKB) a autorisé Niamkey Koffi, qui assure l’intérim en l’absence de Maurice Kakou Guikahué, le secrétaire exécutif du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), hospitalisé, à prendre part au dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition conduit par le Premier ministre Hamed Bakayoko.

Son allié, l’ancien président Laurent Gbagbo, avait quant à lui dépêché Georges Ouégnin, le président d’Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS). Mais en coulisses, le dialogue est à nouveau rompu avec Alassane Ouattara (ADO).

Nouveaux intermédiaires

Henri Konan Bédié, qui a de nouveau contesté publiquement, le 9 décembre, la légalité de son troisième mandat, ne souhaite donc plus discuter directement avec le chef de l’État. Ce dernier lui a toutefois exprimé sa disponibilité s’il changeait d’avis.

ADO a chargé Hamed Bakayoko et Diomandé Vagondo, son ministre de l’Intérieur, de mener pour lui les discussions avec le « sphinx de Daoukro », lequel continue de camper sur ses positions en menaçant de boycotter les législatives de 2021.

HKB reproche à ADO de ne pas avoir libéré les responsables de son parti – dont son numéro deux, Maurice Kakou Guikahué –, arrêtés le 3 novembre dans sa résidence de Cocody-Ambassades. Il estime avoir pour sa part respecté son engagement de dissoudre le Conseil national de transition (CNT) et de lever le mot d’ordre de désobéissance civile.

Lors d’un entretien téléphonique, le chef de l’État lui avait répondu qu’il ne pouvait se substituer à la justice et donc libérer ceux dont les cas étaient en cours d’instruction ou inculpés. Les membres de la famille d’HKB qui avaient été arrêtés, dont son neveu et directeur de protocole Jean-Claude N’Dri, ont néanmoins été libérés depuis.

Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo continuent de peaufiner ensemble leur stratégie. Les deux hommes prévoient d’organiser de grandes manifestations à travers le pays si leurs exigences ne sont pas satisfaites. Ils ne se parlent pas directement mais des émissaires sont chargés de faire passer des messages. Par ailleurs, leurs équipes respectives organisent régulièrement à Abidjan des réunions communes.