Politique

Égypte : l’armée 2.0 d’Abdel Fattah al-Sissi

Réservé aux abonnés | | Par
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le 19 juin 2019.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le 19 juin 2019. © Vadim Ghirda/AP/SIPA

Depuis son avènement en 2013, le président égyptien a mis en place un réseau efficace chargé de surveiller internet et de répandre la bonne parole du régime.

Depuis la reprise en main du pays par les militaires en 2013, le président Abdel Fattah al-Sissi martèle qu’il empêchera à tout prix une réédition des événements de 2011, qui ont conduit à la chute de Hosni Moubarak. Dans cette perspective, le président égyptien a bien compris le rôle joué par internet et a annoncé, peu après avoir pris les rennes du pays, la création « d’unités militaires » pour contrôler les médias sociaux, qu’il perçoit comme les grands agents déstabilisateurs du XXIe siècle. Mais les contours de ces bataillons électroniques restent vagues, jusqu’à des fuites dans la presse en 2016.

C’est une querelle interne, au sein du « conseil des directeurs des comités électroniques pro-Sissi », qui pousse l’un de ses membres à en dévoiler, sur le réseau social Facebook, les rouages et les membres, raconte le site d’information Sasapost, interdit d’accès en Égypte. Ces comités rassemblent des personnalités, rédacteurs en chef et universitaires chargés d’abreuver les réseaux sociaux de messages célébrant les autorités militaires et d’accuser les Frères musulmans – chassés du pouvoir en 2013 – de tous les maux du pays.

À l’époque, le responsable de ces groupes, Ibrahim el-Jarhi, est un ancien révolutionnaire de 2011 qui a pris le parti de l’armée et convaincu des intellectuels pro et anti-Moubarak de le rejoindre. Une fois dans les cercles du pouvoir, l’éphémère défenseur des libertés se brouille avec ses néo-soldats du web en leurs interdisant d’éventer leurs débats internes, raconte de son côté le site panarabe Al Araby.

Propagande, surveillance et répression s’entremêlent alors déjà dans certains comités, chargés aussi de « dresser des rapports » sur des pages Facebook critiques pour préparer des arrestations, assure encore le site Sasapost.

« Comités électroniques »

Quatre ans plus tard, cet étalage des cuisines et dissensions internes du régime semble inimaginable. Le pouvoir s’est resserré autour de la famille Sissi et de quelques fidèles lieutenants. Les organes sécuritaires ont été discrètement purgés pendant que les derniers contre-pouvoirs institutionnels ont été bruyamment détruits dans une réforme constitutionnelle en 2018.

Cet article est réservé aux abonnés

Déjà abonné ?

Accédez en illimité à Jeune Afrique Digital
Accès à tout le site web - 2 applis - 1 édition digitale - 2 newsletters

puis 7,99€/mois, sans engagement

payez une fois par an
et profitez à chaque fois de 2 mois offerts !

1 minute suffit pour vous abonner à Jeune Afrique Digital !

  • + votre numéro spécial Jeune Afrique en version numérique
  • + d'analyses
  • + d'informations exclusives
  • + de débats
  • + d'historique (2 ans d'archives)
  • + d'avant-première (accès 24h avant la publication)
  • + de formats (site web, 2 applis, 1 magazine digital, 2 newsletters)

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3096_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte