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Banque mobile : comment Axian et Oragroup veulent percer en Afrique de l’Ouest

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Mis à jour le 17 décembre 2020 à 15h39
Dans le quartier commercial de Ganhi à Cotonou, au Bénin, le 26 février 2016.

Dans le quartier commercial de Ganhi à Cotonou, au Bénin, le 26 février 2016. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Le conglomérat malgache et la banque panafricaine s’allient pour lancer un service de banque mobile affranchi des atouts des télécoms. Un pari que peu ont réussi jusqu’ici.

Il aura fallu deux ans pour concrétiser le projet, explique Matthieu Macé, directeur de l’innovation et de la fintech d’Axian, à l’annonce du contrat cadre entre le conglomérat malgache et Oragroup.  Le service de banque mobile issu de ce partenariat sera mis en place d’abord au Togo puis dans divers marchés ouest-africains.

Cette fin d’année doit donc voir le lancement de MBanking au Togo. Ce nouveau service mobile de Togocom permettra à près d’un million de clients de T-Money d’accéder à des services financiers comme du dépôt et des retraits, du nano-crédit, de la nano-épargne ainsi que l’ouverture de compte liés à une carte bancaire, le tout servi par un réseau comptant « entre 5 000 et 10 000 agents sur le territoire », indique Matthieu Macé.

Il n’est pas anodin que ces deux groupes nouent des synergies sur ce type de projet. Axian est lié au fonds d’investissement panafricain Emerging Capital Partners (ECP) via le consortium Agou Holding qui contrôle Togocom à 51 %.

Piloté par Ferdinand Ngon Kemoum – ancien associé d’ECP – depuis 18 mois, Oragroup, présent dans douze pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Conakry, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo), est jusqu’ici la propriété d’ECP à 50,01 %. Cette participation devait être cédée à IPS CGRAE, la caisse de retraite ivoirienne, avant que l’opération ne reçoive un avis défavorable du régulateur.

Essaimer en Afrique de l’Ouest

C’est sur les filiales d’Oragroup qu’Axian souhaite capitaliser pour déployer largement sa solution. Si MBanking pourrait être lancé rapidement au Sénégal, où le groupe de Hassanein Hiridjee est propriétaire de Free via le holding Saga Africa (qu’il détient avec Xavier Niel et Yérim Sow ), le duo compte aussi s’appuyer sur des partenaires extérieurs dans les pays où il ne possède pas d’actifs dans les télécoms.

« Nous avons une idée assez claire des partenaires de la sous-région qui pourraient travailler avec nous et une bonne connaissance des aspects réglementaires qui nous permettront d’aller assez vite », explique Mathieu Macé, le directeur de l’innovation qui assure ne pas avoir forcément besoin des atouts d’un opérateur télécom (accès gratuit au canal USSD et SMS et réseau de distribution) pour réussir.

Contacté par Jeune Afrique, Oragroup, dont  la croissance marque le pas cette année, malgré de solide performances en 2019 (un résultat net consolidé de 18 milliards de francs CFA, soit plus de 27 millions d’euros) n’a pas souhaité apporter de précisions dans l’immédiat quant à l’étendue de son partenariat avec le holding malgache.

Disposant d’un réseau de 157 agences bancaires et d’un portefeuille de près de 500 000 clients, le groupe n’avait jusqu’ici pas réalisé d’incursion marquée sur le segment du mobile banking. Hormis, le développement de sa plateforme digitale interne « Keaz », qui propose essentiellement des services liés à la consultation de comptes pour son réseau Orabank.

Du mobile banking sans télécoms ?

Se passer des leviers des télécoms paraît néanmoins audacieux, estime un expert du mobile money : « Les alternatives consistent à développer un service uniquement disponible sur une application mobile (solution peu adaptée aux marchés d’Afrique sub-saharienne), ou à acheter un accès à un canal USSD auprès des acteurs locaux, mais cela coûte souvent cher et ce coût doit être absorbé ou facturé au client ».

Pour étendre le réseau de points de services, Orabank développe un réseau d’agents indépendants, avec l’aide d’Axian qui sait comment faire. On arrive en quelque sorte à un modèle de banque reposant sur des agents partenaires rémunérés pour les opérations qu’ils réalisent.

Selon cette même source, alors que Ecobank au Bénin et Yup de Société Générale tentent actuellement leur chance avec ce modèle, seul Equity Bank au Kenya a pour l’instant réussi ce pari.

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