Médias

Côte d’Ivoire-France : bisbilles entre la RTI et Canal+ sur la TNT

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 14 décembre 2020 à 15h21
Les locaux de la RTI à Abidjan.

Les locaux de la RTI à Abidjan. © Jessica VIEUX pour JA

Le groupe audiovisuel public Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) ne décolère pas contre le français Canal+. Voici pourquoi. 

Selon nos informations, la RTI, dirigée par Fausséni Dembélé, a saisi le ministère de la Communication et des Médias, pour « dénoncer l’attitude » du Français Canal+, représenté localement par Aziz Diallo.

La RTI, ainsi que les autres chaînes de la TNT, a également saisi la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), présidée par René Bourgoin, qui en réalité ne peut pas arbitrer ce conflit, qui se trouve être du ressort du ministre de la Communication, Sidi Tiémoko Touré. 

Étude « clandestine »

Le groupe ivoirien reproche à son concurrent d’avoir distribué aux annonceurs une étude de mesure d’audience des chaînes de la TNT réalisée par le cabinet Omedia, partenaire local du spécialiste français Médiamétrie et qui travaille localement pour Canal+. Ce baromètre permet de les aiguiller dans le choix de leurs investissements publicitaires.

Réalisée sur un échantillon de 560 personnes, non représentatif selon la RTI, elle place les chaînes de Canal+, A+ Ivoire et Novelas TV, devant RTI 1 et RTI 2. Cette étude, taxée de « clandestine » par la RTI, n’aurait pas été validée par le ministère de la Communication et des Médias comme le prévoit, selon le groupe ivoirien, la loi.

Dans le cadre de la libéralisation de l’audiovisuel, Sidi Tiémoko Touré avait prévu la création d’une structure de mesure d’audience unique, consensuelle et neutre, réunissant tous les médias au sein d’un Groupe d’intérêt économique. Or, la mise en place de cet organe a pris du retard.

De son côté, Aziz Diallo s’est entretenu avec le directeur de cabinet de Sidi Tiémoko Touré, Jean-Martial Adou. Il lui assuré qu’il le recontacterait prochainement pour lui apporter des « éléments d’explication ».

Contacté par Jeune Afrique, Canal+ n’a pas souhaité réagir.

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