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Sciences

[Série] Ces Africaines qui bousculent la science

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Mis à jour le 18 décembre 2020 à 11h25
« Ces Africaines qui bousculent la science » : Agnès Ntouba, Zara Randriamanakoto, Faouziath Sanoussi, Dominique Voumbo Matoumona et Nadège Taty.

« Ces Africaines qui bousculent la science » : Agnès Ntouba, Zara Randriamanakoto, Faouziath Sanoussi, Dominique Voumbo Matoumona et Nadège Taty. © Photomontage : Jeune Afrique

La pandémie de coronavirus a souligné la nécessité de mener des programmes de recherche sur le continent. Et parce que de plus en plus de femmes africaines se lancent dans des carrières scientifiques, Jeune Afrique a voulu mettre en avant cinq d’entre elles, parmi les lauréates du prix L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science en Afrique.

De la polémique sur ces médecins proposant d’essayer les traitements anti-Covid sur les Africains au nécessaire lancement de tests sur les futurs vaccins, jamais l’urgence de développer sur le continent un réseau efficace de centres de recherche n’a été aussi brûlante qu’en 2020. « Qui sait si nos réponses immunitaires aux vaccins qui arrivent sur le marché seront les mêmes que celles des Occidentaux ? Ce travail reste à faire », note ainsi la biologiste congolaise Francine Ntoumi lorsqu’on lui parle des découvertes annoncées par les laboratoires Pfizer ou Moderna.

Pour Alexandra Palt, directrice générale de la Fondation L’Oréal qui, aux côtés de l’Unesco, distingue chaque année depuis 1998 de jeunes chercheuses du continent, le défi reste le même, Covid ou pas : « Une recherche africaine menée par des Africain.e.s et pour l’Afrique est nécessaire. »

Spécificités africaines

La promotion Afrique subsaharienne de 2020 comprend 20 lauréates, sélectionnées parmi 330 candidatures. La sélection, opérée par un jury de neuf chercheurs, est basée sur des critères précis : l’excellence scientifique avant tout, mais aussi le parcours de chacune, la persévérance affichée face à un contexte souvent difficile et, enfin, la volonté de transmettre son savoir aux jeunes générations.

« Il y a aussi une spécificité pour les candidates africaines, note Alexandra Palt. La limite d’âge est relevée à 40 ans, car nous estimons qu’en Afrique plus qu’ailleurs les parcours universitaires peuvent être compliqués, interrompus par des obligations diverses, souvent familiales. »

On encourage moins les femmes, là comme ailleurs, à aller vers les sciences dites dures comme les maths, la physique…

Cette année, beaucoup de lauréates mènent des recherches dans les domaines de la santé ou des sciences de l’environnement. Un hasard ? Alexandra Palt y voit plusieurs explications : « D’abord, beaucoup travaillent sur des questions qui concernent directement le continent, comme le changement climatique, les maladies infectieuses. Mais plus profondément, la médecine par exemple est un domaine où l’on croise plus de femmes, et pas seulement en Afrique. On encourage moins les femmes, là comme ailleurs, à aller vers les sciences dites dures comme les maths, la physique… Ce qui n’a aucun sens car si vous prenez par exemple l’informatique, c’était un domaine très féminin jusque dans les années 1970, époque à laquelle on s’est rendu compte que c’était un secteur d’avenir où il y aurait de l’argent à se faire, ce qui a attiré les hommes. »

Les 20 lauréates de cette année se sont vues attribuer des bourses afin de poursuivre leurs recherches. Elles ont aussi bénéficié de formations au leadership, à la négociation et à la communication qui devraient les aider à se faire une place dans un milieu qui peine encore à reconnaître l’étendue de leur talent. Jeune Afrique vous propose de découvrir les portraits de cinq d’entre elles.

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