Défense

[Chronique] Somalie : Trump expédie le départ des soldats américains

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Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Damien Glez

© Damien Glez

Quatre ans après l’avoir promis, et juste avant de quitter la Maison Blanche, le président américain sortant Donald Trump a ordonné le retrait de la majorité des troupes américaines de Somalie.

Si Donald Trump, devant ses partisans, considère toujours être le vainqueur d’une élection présidentielle qu’il qualifie de « truquée », il a compris qu’il devra quitter le bureau ovale. Et s’il affiche l’ambition de s’y asseoir à nouveau dans quatre ans, il tente d’honorer dès maintenant certaines de ses promesses de 2016. Il se hâte ainsi de « mettre un terme aux guerres sans fin » de l’Amérique avec des retrais accélérés de troupes, notamment d’Afghanistan et d’Irak.

« D’ici au début 2021 »

Sur le continent africain, après le décès d’un agent de la CIA en Somalie, en novembre, et un dîner de Thanksgiving du ministre américain de la Défense par intérim avec les troupes basées à Mogadiscio, le président milliardaire vient de décider que l’essentiel du contingent américain – environ 700 hommes qui forment et conseillent l’armée nationale – va quitter la Somalie « d’ici au début 2021 », sensiblement au moment de l’investiture de Joe Biden. L’annonce a été faite, le 4 décembre, par le Pentagone.

Une partie des forces sera repositionnée de Somalie vers les pays voisins

Si les alternances démocrates-républicains sont, ces dernières années, l’occasion d’un ballet politicien de tricotage et de détricotage, ni le prédécesseur de Trump ni son successeur n’ont jamais été de fervents partisans d’un interventionnisme américain à bride abattue. Un mois après son investiture, devant des Marines de Caroline du Nord, Barack Obama annonçait le retrait de 75 % des troupes américaines d’Irak avant le 31 août 2010.

Une décennie plus tard, c’est un cercle de réflexion proche des idées démocrates, Defense Priorities, qui accueille positivement le redéploiement annoncé par l’administration républicaine sortante. « Rester jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun terroriste potentiel sur le terrain signifierait ne jamais partir », ajoute le think tank…

America first

En réalité, la décision de Trump concernant la Somalie est moins le symbole d’un désengagement total de l’US Army de ses principaux théâtres d’opérations extérieures qu’une évolution dans les modes d’intervention. C’est pour mener une mission ciblée de contreterrorisme par de petites unités spécialisées que les forces sont disséminées en périphérie des premiers cercles de violence.

Ainsi, le Pentagone indique-t-il que les activités de renseignement se poursuivront sur place et qu’une « partie des forces sera repositionnée de Somalie vers les pays voisins afin de permettre des opérations transfrontalières par les États-Unis et les forces partenaires, pour maintenir la pression sur les organisations extrémistes violentes ».

À l’heure de ce nouveau retrait annoncé, les terroristes Shebab affiliés à Al-Qaïda restent une menace prégnante pour les populations de la Corne de l’Afrique. Mais charité bien ordonnée commençant par soi-même, les États-Unis évaluent d’abord les risques en matière de vies humaines américaines, d’impact budgétaire, d’intérêts occidentaux dans la région et de menaces terroristes sur le territoire américain. America first. So what ?

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