Transport aérien

Air Algérie : vers un rapatriement des 5 000 Algériens bloqués à l’étranger

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Mis à jour le 07 décembre 2020 à 16h57
Un Boeing 737 de la compagnie Air Algérie (image d’illustration).

Un Boeing 737 de la compagnie Air Algérie (image d'illustration). © Alec Wilson / Flickr / CC

Air Algérie vient de reprendre les vols domestiques et va intensifier les opérations de rapatriement des Algériens bloqués à l’étranger. Explications.

La compagnie aérienne Air Algérie a repris ses vols domestiques depuis ce dimanche 6 décembre. Mais les vols commerciaux internationaux demeurent suspendus, notamment après l’avis défavorable du comité scientifique pour qui cette option n’est pas envisageable avant la possibilité d’une vaccination contre le Covid-19.

Après près de neuf mois d’immobilisation des appareils d’Air Algérie, les lignes intérieures sont donc de nouveau actives. À court terme, 100 % des liaisons vers le Sud et 50 % des vols vers des destinations du Nord doivent être assurées. Trente-et-un vols quotidiens sont prévus depuis les différents aéroports du pays pour une disponibilité totale de 2 800 sièges. Soit 16 vols d’une capacité totale de 1 700 sièges pour les trajets vers le Sud et 14 vols (1 100 sièges) vers les aéroports du Nord.

40 milliards de dollars de manque à gagner

À l’aéroport d’Alger, la réouverture des lignes intérieures ont attiré peu de voyageurs le premier jour. De multiples retards d’au moins une demie-heure étaient annoncés sur les panneaux d’affichage. Deux jours auparavant, le transporteur aérien national avait largement communiqué pour rassurer sa clientèle sur le respect du protocole sanitaire.

Déjà peu rentables en temps ordinaire, les vols domestiques ne pourront pas, sans reprise des vols commerciaux à destination de l’étranger, extirper Air Algérie de l’asphyxie financière. D’ici la fin de l’année 2020, le manque à gagner pour la compagnie aérienne devrait se chiffrer autour de 40 milliards de dollars, selon le directeur de l’exploitation de la compagnie Mohamed Charef, qui s’exprimait dimanche sur les ondes de la chaine 3. En 2020, Air Algérie n’a transporté que 1,5 million de passagers, contre 17 millions en 2019.

Un avion cloué au sol coûte plus cher qu’un avion qui vole, même à vide

Six  jours avant la reprise des vols intérieurs, les deux principales organisations syndicale d’Air Algérie, à savoir la filiale de l’Union générale de travailleurs algériens (UGTA) et le Syndicat des pilotes de lignes algériens (SPLA), ont déploré la réduction de l’activité de la compagnie aux opérations de rapatriement et à l’activité cargo, notamment pour les médicaments et les dispositifs médicaux. Et ce alors que des compagnies étrangères sont autorisées à opérer quotidiennement des départs depuis les aéroports algériens.

« La situation sanitaire pouvant se maintenir dans le temps, nous pensons qu’il est opportun de se pencher sur une réouverture des frontières avec un protocole sanitaire qui garantirait un contrôle du risque d’importation du virus », écrivent les deux syndicats. Ce pas franchi permettrait, en outre, de maintenir la flotte de la compagnie en état de navigabilité. Un avion cloué au sol coûte plus cher qu’un avion qui vole, même à vide.

Opérations de rapatriement

Depuis la fermeture des frontières le 17 mars, quatre avions d’Air Algérie ont été convertis en cargos et ont permis de rapatrier jusqu’à la fin du mois d’octobre 4 502 dépouilles, particulièrement en provenance de la France, soit une moyenne de 30 défunts par vol.

Depuis le 4 décembre, les autorités ont décidé d’intensifier les opérations de rapatriement des ressortissants algériens bloqués à l’étranger. D’ici au 19 décembre, 24 vols sont prévus en direction de sept pays, essentiellement vers la France où réside une forte communauté algérienne, mais aussi l’Espagne, les Émirats arabes unis, l’Égypte, l’Arabie saoudite, la Jordanie et le Canada. Le nombre d’Algériens bloqués à l’étranger est estimé à 5 000. Un chiffre qui devrait être revu à la hausse, les inscriptions pour les opérations de rapatriement étant encore en cours.

Pour pouvoir rentrer au pays, les Algériens doivent en effet s’inscrire auprès des représentations diplomatiques algériennes à l’étranger (ambassades, consulats), détenir un billet confirmé sur le vol et présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures avant l’embarquement. La procédure a été élargie aux Algériens souhaitant quitter le pays pour des raisons d’urgence sanitaires, humanitaires ou en cas de force majeure économique ou professionnelle. Cette dernière catégorie devra demander une autorisation de sortie délivrée par le ministère de l’Intérieur.

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