Politique

Côte d’Ivoire : comment Pascal Affi N’Guessan et Maurice Kakou Guikahué vivent-ils en détention ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 03 décembre 2020 à 17h40
Maurice Kakou Guikahué (à gauche) et Pascal Affi N’Guessan.

Maurice Kakou Guikahué (à gauche) et Pascal Affi N'Guessan. © Montage ISSOUF SANOGO / AFP - Vincent Fournier/JA

Peu d’informations ont filtré sur le quotidien en détention des opposants Pascal Affi N’Guessan et Maurice Kakou Guikahué, arrêtés début novembre. Jeune Afrique vous en dévoile les détails.

Selon nos informations, Pascal Affi N’Guessan, co-fondateur du Conseil national de transition (CNT) dont il fut le porte-parole, est détenu à l’isolement dans une villa de l’École de gendarmerie, dans le quartier de Cocody, à Abidjan. Placé sous mandat de dépôt après sa comparution devant le juge d’instruction, le 9 novembre, le président officiellement reconnu du Front populaire ivoirien (FPI) est poursuivi pour de nombreux chefs d’inculpations – dont celui d’atteinte à l’autorité de l’État – liés à son appel à la désobéissance civile lancé durant la campagne électorale.

Brève hospitalisation

Sa femme, Angeline Kili, est autorisée à lui rendre visite tous les jours entre 13 h et 15 h et à lui apporter ses repas. En revanche, ses enfants ne peuvent pas venir le voir. Parmi ses avocats, seule Me Josiane Bredou a été autorisée par le procureur à s’entretenir avec son client. Les autres, dont son conseil principal, Me Pierre Dagbo, en sont toujours empêchés et dénoncent une entrave grave à leurs droits et à ceux d’Affi N’Guessan.

En petite forme depuis son arrestation, le 6 novembre, l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo a par ailleurs été brièvement hospitalisé en début de semaine. Après avoir fait un malaise, son médecin personnel a demandé à ce qu’il fasse l’objet d’un bilan général de santé. Entré dans la soirée du 30 novembre à l’hôpital, il en est ressorti dans la nuit du 1er au 2 décembre. Aucun souci majeur n’a été détecté.

Désillusion

De son côté, Maurice Kakou Guikahué, le secrétaire exécutif du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), qui avait été arrêté le 3 novembre dans la résidence de Henri Konan Bédié, est en détention à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Tout comme Narcisse N’Dri, le directeur de cabinet du « Sphinx de Daoukro ».

Les deux hommes ont été placés dans le « bâtiment des assimilés » – réservé aux « personnalités ». Chacun partage sa cellule avec un autre codétenu. S’ils ne disposent pas de l’air climatisé, ils ont un point d’eau et le droit de se faire livrer leur propre nourriture,

Les chauffeurs de Maurice Kakou Guikahué, qui lui apportent ses repas, ont ainsi un accès permanent à lui. Ses avocats peuvent également rendre visite à leur client, à l’instar de son conseil principal, Me Émile Suy Bi. Son épouse est en France, mais sa belle-sœur vient le voir à la Maca, tout comme certains députés et sénateurs du PDCI.

Si leur moral est plutôt bon, Guikahué et N’Dri ont vécu une certaine désillusion le 26 novembre. Ils espéraient être libérés en même temps que Seri Bi Guessan, Bassy Koffi et Valérie Yapo. Ces trois autres figures du PDCI avaient également été arrêtées au domicile de Bédié le 3 novembre, puis emprisonnées à la Maca.

 

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