Économie

La BID apporte (finalement) 60 millions de dollars pour l’expansion de la centrale électrique de Nouakchott

Le conseil d’administration de la Banque islamique de développement a approuvé un financement de 60 millions de dollars pour l’expansion de la nouvelle centrale hybride de Nouakchott. Cette décision vient clore trois mois de polémiques.

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Mis à jour le 10 avril 2014 à 18:00

La Banque islamique de développement (BID) vient de mettre un terme à la polémique née il y a trois mois au sujet de son engagement à financer l’extension de la nouvelle centrale hybride de Nouakchott. Le conseil d’administration de l’institution financière a approuvé le 23 mars une enveloppe de 60 millions de dollars pour ce projet. L’accord de financement a été signé le mardi 9 avril, à Tunis, par Sidi Ould Tah, le ministre mauritanien des Affaires économiques et du Développement, et Ahmed Mohamed Aly, le président de la BID, rapporte l’agence mauritanienne d’information (AMI).

Tout avait commencé par un communiqué de l’association Sherpa annonçant, en janvier dernier, que l’institution bancaire, qui avait financé en partie la construction de cette centrale, lui avait indiqué son intention de ne pas soutenir son expansion. Et ce en raison de « l’existence de soupçons de délit de corruption d’agent public » entourant l’attribution de ce marché.

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Volte-face

Le démenti – ou la « volte-face » de la BID, selon la formule de l’avocat William Bourdon, président de Sherpa – est venu à peine trois semaines plus tard.

Au cours d’une visite à Nouakchott, réalisée le 28 janvier dans le cadre du 1er Forum de l’investissement de la Mauritanie, Ahmed Mohamed Ali a indiqué que la BID comptait « collaborer avec le ministre de tutelle pour un bon montage du projet afin de le présenter aux responsables exécutifs de la banque dans les meilleurs délais possibles ».

Liens politiques

Aussi, du côté de Sherpa si l’on « regrette » la décision finale du conseil d’administration de la Banque islamique, celle-ci n’est pas tout à fait une surprise.

Contacté par Jeune Afrique, William Bourdon estime qu’une énigme subsiste, « une interrogation sur l’intensité des liens politiques » qui ont été utilisés « pour expliquer ce revirement ». Pour l’avocat français, l’affaire n’est pas encore close. « Le dossier reste ouvert, explique-t-il, et de nouveaux éléments ont été transmis à la BID ». Pas sûr que l’institution financière – l’une des rares à avoir envoyé des émissaires à Paris pour s’enquérir des objections initiales de Sherpa – réponde à cette nouvelle requête. Chat échaudé…