Politique

Mali : ce que prépare Soumaïla Cissé 

Réservé aux abonnés
Par
Mis à jour le 30 novembre 2020 à 16:21

L’ancien chef de file de l’opposition malienne Soumaïla Cissé, à Paris en octobre 2020. © Vincent FOURNIER pour La Revue/JA

Libéré le 8 octobre après six mois passés aux mains des jihadistes, l’ancien chef de file de l’opposition malienne voyage, réactive ses réseaux et réfléchit à son propre destin politique post-transition.

Si certains de ses partisans le voient déjà à Koulouba à l’issue des dix-huit mois que doit durer la transition dirigée par Bah N’Daw, Soumaïla Cissé n’a pas encore exprimé son intention de se lancer dans la course à la présidence. Depuis sa libération, et un séjour médical en France à la mi-octobre, l’ancien chef de file de l’opposition malienne effectue une tournée de remerciements des présidents de la sous-région qui lui ont manifesté leur soutien lors de sa détention.

Avec Kaboré et Ouattara

Il a notamment été reçu par le Sénégalais Macky Sall, le Ghanéen Nana Akufo-Addo, président en exercice de la Cedeao, le Togolais Faure Essozimna Gnassingbé et le Nigérien Mahamadou Issoufou. Dans chaque pays, il rencontre également des membres de la diaspora malienne.

Dans les semaines à venir, l’opposant devrait également se rendre à Ouagadougou, où il échangera avec Roch Marc Christian Kaboré, réélu pour un second mandat le 22 novembre – selon les résultats provisoires de la Ceni. Il a prévu de séjourner également à Abidjan pour une audience avec Alassane Ouattara, ainsi qu’à Nouakchott, pour y rencontrer Mohamed Ould Ghazouani.

Face à la junte

Puis, le 27 décembre, son parti, l’Union pour la république et la démocratie (URD), devrait tenir un congrès. Au cours de cette rencontre, ses partisans définiront leur position vis-à-vis de la junte et discuteront des prochaines échéances électorales. L’URD avait remporté 19 sièges à l’issue des législatives de mars et d’avril 2020, avant la dissolution de l’Assemblée nationale.

Si Soumaïla Cissé prévoit d’effectuer une tournée dans les principales villes du Mali, il ne s’est pas encore exprimé publiquement sur l’actualité politique. Il a confié à Jeune Afrique, à la mi-octobre, vouloir prendre le temps de se remettre à niveau et d’analyser la recomposition de la scène politique.

Ainsi, ses échanges avec le nouvel exécutif, notamment avec le président de la transition, Bah N’Daw, et son vice-président, le colonel Assimi Goïta, n’ont pas porté sur la situation politique. Il n’a pas non plus évoqué ces dossiers lors de son appel téléphonique de remerciement à l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta, en octobre, alors que l’ancien président se trouvait à Abou Dhabi pour recevoir des soins médicaux.