Politique

Gabon : dans les coulisses de la succession de Zacharie Myboto

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Zacharie Myboto est l’actuel président du parti d’opposition l’Union nationale.

Zacharie Myboto est l’actuel président du parti d'opposition l'Union nationale. © WILS YANICK MANIENGUI/AFP

Alors qu’elle devait tenir son congrès du 27 au 29 novembre, l’Union nationale a repoussé l’échéance. Elle n’en prépare pas moins la succession de Zacharie Myboto, qui a confirmé qu’il quitterait la présidence du parti d’opposition.

Après des mois de report dû à la pandémie de Covid-19, l’Union nationale (UN, opposition) a finalement décidé, le 24 novembre, de repousser à nouveau son congrès.

Initialement prévu du 27 au 29 novembre, celui-ci devrait désormais avoir lieu du 5 au 7 décembre prochain, ces dates restant toutefois à confirmer par le bureau politique.

Selon nos informations, la décision a été prise lors d’une réunion, le 24 novembre, au domicile de Zacharie Myboto, sur la base d’un courrier du ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha, reçu le jour même.

Celui-ci alertait l’UN sur la tenue à Libreville, les 27 et 28 novembre, de la conférence des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). « Pour cette raison et compte tenu des perturbations que cette conférence pourrait entraîner dans la zone nord de la capitale, [le ministre de l’Intérieur, NDLR] suggère à la direction du parti de bien vouloir reporter la tenue de notre congrès », a expliqué le secrétariat exécutif de la formation d’opposition pour justifier ce report.

Paul-Marie Gondjout candidat

Cette grand-messe est pourtant d’une importance capitale. Selon nos sources, Zacharie Myboto, président actuel de l’UN, a réaffirmé le 24 novembre devant le bureau politique qu’il quitterait son poste à l’issue du prochain congrès. Le parti et ses militants devront donc choisir son successeur parmi des candidats qui pouvaient déposer leur dossier jusqu’au 25 novembre.

La liste des prétendants n’est pas encore connue, celle des membres du bureau politique non plus. Cependant, Paul-Marie Gondjout a confirmé à Jeune Afrique qu’il briguerait la présidence. Celui-ci, actuellement vice-président, est marié à Chantal Myboto, trésorière du parti et fille de Zacharie Myboto. Il est par ailleurs le frère cadet de l’ancienne médiatrice de la République, Laure Olga Gondjout.

L’incertitude demeure en revanche autour des autres vice-présidents, Paulette Missambo et Casimir Oyé Mba (par ailleurs mari et femme), ou du député Maxime Minault Zima Ebeyard.

Quant à Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, un temps cité et chargé de l’élaboration du programme politique de l’UN, il ne s’est pas présenté.

2023 en ligne de mire

Le futur président de l’UN aura une échéance particulière en tête : la présidentielle de 2023. Selon nos informations, le parti n’envisage pas de ne pas présenter de candidat au premier tour du scrutin.

Le nouveau patron de la formation pourra légitimement espérer jouer les premiers rôles du côté de l’opposition, sans doute avec Alexandre Barro-Chambrier, lequel ne fait pas non plus mystère de ses ambitions.

« On va choisir le dirigeant du parti, mais tout le monde pensera déjà à un autre choix, celui du candidat pour la présidentielle, qui ne sera sûrement pas la même personne, nous confiait récemment un cadre. Ceux qui visent 2023 peuvent ne pas vouloir s’embarrasser de la présidence du parti. »

L’UN a débuté sa mue, et elle n’en aura donc pas fini d’opérer des choix cruciaux au soir de son congrès.

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