Politique

RDC : vers une évacuation sanitaire de Vital Kamerhe ?

Mis à jour le 25 novembre 2020 à 12:07

Vital Kamerhe, le 11 novembre 2018 à Genève. © Fabrice COFFRINI / AFP

Le gouvernement évalue la possibilité d’évacuer à l’étranger l’ancien directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Condamné à 20 ans de prison pour détournement de fonds publics et corruption aggravée, Vital Kamerhe est actuellement soigné au centre hospitalier Nganda.

La santé de Vital Kamerhe, emprisonné depuis bientôt huit mois, s’est détériorée ces deux derniers jours. Au point que, pour la première fois, un membre de l’exécutif a évoqué son état. « Nous venons de voir M. Kamerhe, il n’est pas dans une situation très confortable », a alerté Bernard Takaïshe, vice-ministre de la Justice et membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, le parti de Félix Tshisekedi), après avoir rendu visite à l’ancien président de l’Assemblée nationale au centre hospitalier Nganda, à Kinshasa.

Évacuation « si nécessaire »

« Il est sérieusement malade, et ça nécessite qu’il puisse bénéficier de soins appropriés pour que sa situation s’améliore. Sinon, ça risque d’être une catastrophe, a-t-il mis en garde. Nous allons devoir étudier les choix possibles. S’il est nécessaire de le faire évacuer, on n’hésitera pas, compte tenu de son état de santé ».

Le parti de Vital Kamerhe, l’Union pour la nation congolaise (UNC), n’a pas souhaité commenté ces déclarations. Le secrétaire général du parti, Aimé Boji, a cependant insisté pour que les autorités agissent « vite ».

Victime de plusieurs malaises alors qu’il était en cellule à la prison centrale de Makala, Vital Kamerhe a été admis le 23 août au centre hospitalier Nganda. Dans un rapport du 20 avril auquel Jeune Afrique a eu accès, les soignants de la clinique Médecins de nuit, qui ont examiné Kamerhe après sa mise en détention, le 8 avril, ont noté que leur patient, « tabagique » depuis une trentaine d’années, devait être classé dans la catégorie des personnes à risque très élevé face au Covid-19.

Ils y précisent notamment que Vital Kamerhe souffre d’une forme grave d’hypertension artérielle : la cardiopathie hypertensive. Celle-ci vient s’ajouter à une maladie respiratoire chronique, un « esyndrome post-phlébitique unilatéral du membre inférieur gauche », des « palpitations non tolérées » et un « syndrome vertigineux » que les soignants conseillent d’« investiguer ».

En attente du procès en appel

Vital Kamerhe, qui est toujours formellement le directeur de cabinet du chef de l’État congolais – Désiré-Cashmir Kolongele Eberande est directeur de cabinet intérimaire – a été condamné à 20 ans de travaux forcés et 10 ans d’inégibilité pour détournement de fonds publics et corruption aggravée par le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, en juin dernier.

Avec son coaccusé, l’entrepreneur libanais Samih Jammal, Vital Kamerhe a été reconnu coupable du détournement de près de 50 millions de dollars destinés au financement de maisons préfabriquées prévu dans le programme d’urgence des 100 jours lancé par le chef de l’État après son investiture début 2019. Son procès en appel devait s’ouvrir le 2 octobre, mais le dossier a été renvoyé sine die, le temps que soit tranché un recours devant la Cour de cassation.