Politique

CAF-Fifa : comment Ahmad Ahmad a tenté de jouer la carte Samuel Eto’o

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Mis à jour le 24 novembre 2020 à 16:32

Ahmad Ahmad a poussé la candidature de Samuel Eto’o à la présidence de la CAF. © Alain Suffo/BackpagePix/ABACA

Suspendu le 23 novembre par la Commission d’éthique indépendante de la Fifa, le patron de la CAF a tenté, pendant plusieurs mois, de déjouer les manœuvres du président de la Fédération, Gianni Infantino, visant à lui trouver un successeur. 

Pour Ahmad Ahmad, cette sanction est tout sauf une surprise. Selon nos informations, le patron de la Confédération africaine de football (CAF) avait été informé dès le mois d’octobre du fait que le rapport interne de la Fifa ne lui était pas favorable. Il a alors su qu’il ne pourrait pas prétendre à sa réélection, en mars 2021, d’autant que Gianni Infantino lui cherchait déjà un successeur. Les deux hommes sont en délicatesse depuis l’arrestation d’Ahmad Ahmad en juin 2019, lors d’un congrès de la Fifa organisé en marge de la Coupe du monde féminine.

L’opération Eto’o

Le patron de la Fifa a d’abord tenté de positionner la Sénégalaise Fatma Samoura, une cadre de la fédération envoyée en août 2019 au Caire afin de faire avancer la procédure de restructuration de la CAF. Mais le mandat de cette dernière a été abrégé au bout de six mois, en raison de la dégradation des relations entre l’Italo-suisse et le Malgache.

Cette ancienne coordonnatrice humanitaire de l’ONU, qui manquait de soutien dans le monde du football, n’aurait de toute façon pas obtenu celui du président sénégalais Macky Sall, qui appuie son compatriote Augustin Senghor. Infantino a alors jeté son dévolu sur le milliardaire Sud-Africain Patrice Motsepe, qui est immédiatement entré en campagne.

La réponse de Biya

En coulisses, Ahmad Ahmad a donc activé ses réseaux pour protéger ses arrières, voire tenter de sauver sa tête. Il en avait les moyens, quarante fédérations nationales africaines lui ayant renouvelé en septembre 2020 leur soutien en vue de sa réélection.

Mais, sachant que la Commission d’éthique indépendante de la Fifa tenait une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, il a préféré proposer à l’ancienne star du football Samuel Eto’o, qui est également son conseiller spécial, de se porter candidat à sa succession.

Pour donner du sens à sa manœuvre, le Malgache a invoqué « l’urgence » de soustraire la CAF de l’emprise tutélaire, voire « néocolonialiste », de la Fifa. Même s’il ne s’estimait pas prêt à relever le défi, l’ex-capitaine des Lions Indomptables en a quand même informé le président camerounais, Paul Biya. Ce dernier lui a opposé une fin de non-recevoir.

Le Cameroun, qui avait déjà mal vécu l’inélégante fin de règne dIssa Hayatou, n’a sans doute pas souhaité se retrouver de nouveau au centre d’une controverse continentale. Qui plus est au moment où Yaoundé souhaite se concentrer sur l ‘organisation, en janvier prochain, du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) et sur celle d’une CAN reportée pour cause de retards dans la livraison des chantiers d’infrastructures.