Justice

Cameroun : deux avocats, dont un membre du MRC, écroués pour « outrage »

| Par Jeune Afrique avec AFP
Présence policière devant la résidence de Maurice Kamto (à  droite de l’image) à Yaoundé en 2018.
© DR

© Présence policière devant la résidence de Maurice Kamto (à droite de l’image) à Yaoundé en 2018. © DR

Deux avocats, dont un membre du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de l’opposant Maurice Kamto, ont été écroués à Douala.

Richard Tamfu et Armel Tchuemegne avaient été arrêtés mercredi à Douala et ont passé deux jours en garde à vue avant d’être « conduits vendredi soir à la prison de New-Bell », a déclaré Me Christian Bissou, responsable des questions relatives aux droits humains au conseil de l’ordre des avocats. « Ils sont sous mandat de dépôt à New-Bell » à Douala, a confirmé à l’AFP un haut responsable de la police, qui a requis l’anonymat.

Me Tamfu, membre actif du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), est aussi connu pour son engagement en faveur des droits humains, notamment dans la crise anglophone. Les cadres et militants du parti d’opposition sont régulièrement la cible d’arrestations et de procès depuis que leur leader, Maurice Kamto, conteste la réélection de Paul Biya en 2018. Maurice Kamto lui-même, et des dizaines de membres du MRC, avaient passé neuf mois en prison sans être jugés en 2019 après avoir manifesté pacifiquement contre la réélection du président camerounais, 87 ans. Ils avaient été remis en liberté après d’intenses pressions internationales.

Manifestation des avocats

Mais Maurice Kamto est aujourd’hui retenu à son domicile de Yaoundé encerclé par la police depuis deux mois, sans que la justice lui ait notifié quoi que ce soit, après avoir appelé à des « manifestations pacifiques » pour le départ du chef de l’État. Plusieurs cadres et militants du MRC sont également emprisonnés depuis.

Me Tamfu et Tchuemegne avaient été interpellés mercredi « sans mandat », selon un collectif d’avocats qui réclame leur libération immédiate. Selon Me Bissou, les chefs d’inculpation sont notamment « outrage à magistrat » et « destruction de biens publics », à la suite d’échauffourées, le 10 novembre, dans un tribunal de Douala où les policiers étaient intervenus violemment pour déloger des avocats manifestant pour la libération de deux des leurs. Plusieurs avocats avaient été blessés au cours de cette intervention musclée de la police.

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