Politique

CPI : dix candidats repêchés dans la course à la succession de Fatou Bensouda

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 19 novembre 2020 à 15h52
L’actuelle procureure générale de la CPI, Fatou Bensouda.

L'actuelle procureure générale de la CPI, Fatou Bensouda. © Wiebe Kiestra pour JA

Déçus par les quatre personnes présélectionnées pour succéder à la procureure générale, les États parties ont décidé le 13 novembre de faire revenir dans la compétition dix candidats précédemment écartés.

En vue de mettre en place un processus d’élection plus transparent, les 123 États parties à la Cour pénale internationale (CPI) s’étaient accordés pour confier à un comité d’experts la sélection de plusieurs candidats au poste de procureur général. Le 1er juillet, Morris Anyah (États-Unis-Nigeria), Susan Okalany (Ouganda), Fergal Gaynor (Irlande) et Richard Roy (Canada) ont été choisis par le comité. Mais ils n’ont pas convaincu de nombreux États, qui ont alors critiqué le travail des experts.

Au terme de longues semaines de discussions, seul l’Irlandais Fergal Gaynor est parvenu à engranger quelques soutiens. Selon nos informations, une dizaine d’États seulement ont décidé d’endosser sa candidature.

Manque d’expérience

Les opposants les plus virulents à cette sélection sont notamment les pays européens, dont la France, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne. Le Kenya et la Côte d’Ivoire ont également publiquement exprimé leurs réserves.

Il est reproché aux quatre candidats leurs curriculum trop faibles, leur expérience managériale limitée au sein d’institutions internationales, ou encore leur manque d’expérience diplomatique. Les États critiquent également le fait que le système de civil law (par opposition à la common law) ne soit pas représenté parmi la présélection du comité.

Le 7 octobre, la présidence de l’Assemblée des États-parties (AEP) a diffusé une note interne aux pays composant la CPI. Dans ce document, que Jeune Afrique a pu consulter, le président O-Gon Kwon et les vice-présidents de l’AEP faisaient part de leur désir d’ouvrir la sélection à d’autres personnalités dont la candidature a été écartée, en l’absence de consensus autour des quatre présélectionnés. Certains États, parmi lesquels la Palestine, le Liechtenstein, l’Argentine ou l’Irlande, ont cependant exprimé leur volonté d’en rester à la liste des quatre.

Nombreuses inquiétudes

Le 8 octobre, la Sierra Leone et une dizaine de pays africains (Botswana, Burkina Faso, Djibouti, Gabon, Gambie, Ghana, Lesotho, Namibia, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Afrique du Sud et Gambie) ont à leur tour fait part de leurs inquiétudes. Sans pour autant rejeter la perspective d’une ouverture de la liste aux dix autres candidats, ils ont exprimé leur crainte d’un manque de transparence dans le processus auprès de O-Gon Kwon.

Certains pays africains s’inquiètent des conclusions des enquêtes de moralité de ces dix candidats

Dans une lettre qui lui est adressée, ils ont demandé que le maximum d’informations soient disponibles sur ces personnalités et, notamment, les raisons pour lesquelles les experts n’avaient initialement pas retenu leurs candidatures. Ils se sont également inquiétés des conclusions des enquêtes de moralité conduites par les experts.

Liste étendue

Malgré ces réticences et en l’absence de consensus sur un candidat, le bureau des États-parties a donc décidé le 13 novembre d’étendre la liste des quatre candidats (short-list) à une liste plus étendue (long list), composée de dix autres personnes qui avaient déjà été interviewées auparavant par le comité.

La Palestine, qui avait initialement bloqué cette décision en sa qualité de membre du bureau de l’AEP, s’est finalement rétractée. Si ces dix prétendants au poste sont toujours intéressés par le poste, leur nom, leur CV et leur lettre de motivation seront alors publiés et ils seront auditionnés publiquement. Serge Brammertz, le procureur du Mécanisme résiduel de l’ONU pour le Rwanda, a fait savoir le 19 novembre qu’il n’était plus disponible.

 

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