Diplomatie

Cameroun : le procès du saccage de l’ambassade à Paris (encore) reporté ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 18 novembre 2020 à 18h08
L’ambassade du Cameroun, rue d’Auteuil, à Paris.

L'ambassade du Cameroun, rue d'Auteuil, à Paris. © Vincent Fournier /JA

Prévue le 20 novembre, l’ouverture du procès des activistes camerounais soupçonnés d’avoir pris part au saccage de l’ambassade à Paris en 2019 risque à nouveau d’être reporté. Voici pourquoi.

Selon nos informations, Jean-Paulin Woumeni, le conseil principal de l’État du Cameroun, prévoit de demander au tribunal un nouveau renvoi du procès, pour permettre l’ouverture d’un complément d’enquête. Les autorités de Yaoundé estiment que les enquêteurs ont réduit, sans justification, le nombre de personnes poursuivies.

Seulement quatre prévenus

En effet, seuls Robert Wanto dit « général Wanto », Abdoulaye Thiam dit « Calibro Calibri » et Nelson Azonsop Tchetchago seront sur les bancs des prévenus. Un quatrième individu, dont l’identité n’a pas été dévoilée mais qui est cité dans les procès-verbaux, ne s’est jamais présenté aux enquêteurs.

Finalement, quatre personnes seulement devraient répondre du casse du bâtiment de la rue d’Auteuil, dans le 16ème arrondissement de Paris, alors que les images enregistrées le 26 janvier 2019 par la vidéosurveillance montrent une cinquantaine d’assaillants. L’exploitation des archives des réseaux sociaux par l’Etat plaignant a permis d’identifier d’autres personnes présentes sur les lieux, à l’instar de l’activiste Serge Anango, dont le nom n’apparaît pas dans les poursuites.

Enquête complémentaire

Si le tribunal accède à la demande des avocats de l’État du Cameroun, ce sera alors le deuxième renvoi, après celui du 28 février dernier. Le juge avait alors accepté un report à la demande de l’avocat de Abdoulaye Thiam. Commis d’office, celui-ci n’avait pas encore régularisé sa « constitution au titre de l’aide juridictionnelle ».

Le Cameroun demande également une enquête complémentaire car il estime que la procédure en cours s’est faite sans son concours. Après l’assaut, plusieurs mois se sont écoulés avant que le ministère camerounais de la Justice ne constitue un avocat pour déposer une plainte au pénal. Dans l’attente, le Parquet correctionnel de Paris s’est autosaisi en s’appuyant sur les images de la vidéosurveillance, les données anthropométriques recueillies sur les lieux, ainsi que des témoignages.

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