Politique

Régionales au Cameroun : ces candidats binationaux interdits d’élections

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 24 novembre 2020 à 10h17
Le président camerounais Paul Biya le 22 mars 2018 à Pékin, en Chine.

Le président camerounais Paul Biya le 22 mars 2018 à Pékin, en Chine. © Lintao Zhang/Getty Images

Pour les premières régionales de l’histoire du pays, le gouvernement a tenu à faire appliquer la loi qui interdit aux Camerounais de détenir une nationalité étrangère. Voici les personnalités empêchées de se présenter le 6 décembre.

La commission d’investiture du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) semble avoir bien reçu la consigne de refuser les candidats disposant d’un passeport étranger. Dans le très disputé département de la Sanaga-Maritime (Littoral), l’ancien gardien de but des Lions indomptables et de l’Olympique de Marseille, Joseph-Antoine Bell, qui dispose d’un passeport français, a ainsi vu son dossier invalidé.

Argument massue

Détenteur d’un document américain, le patron Alphonse Bibehe, fondateur du Mouvement des entrepreneurs du Cameroun (Mecam), a également été écarté. Tout comme une autre figure du secteur pétrolier, Perrial Jean Nyodog. Officiellement, il ne pouvait briguer la présidence de la région du Littoral car son épouse, Dorothée Nyodog, est déjà maire de Pouma, une commune du même ressort territorial. Mais si jamais l’intéressé avait contesté sa disqualification, le comité central du parti aurait pu brandir l’argument massue de sa binationalité camerouno-canadienne.

Certains candidats étaient en revanche passés entre les mailles du filet. Lors des législatives du 9 février, le dossier d’Hervé Nkom, candidat à un siège de député à Douala, avait été validé par l’instance chargée des investitures au sein du RDPC. Mais, saisi par un concurrent issu du Social Democratic Front (SDF), le Conseil constitutionnel avait finalement déclaré le dossier irrecevable en raison de la nationalité française du banquier.

Nominations

Pendant la présidentielle de 2018, deux candidats avaient été suspectés de disposer d’une autre nationalité : Joshua Osih (Suisse) et Akere Muna (Britannique), mais la Commission électorale n’en avait finalement disqualifié aucun.

Électeurs mais interdits de briguer tout mandat électif, les binationaux peuvent cependant entrer au gouvernement ou dans la haute administration. C’est le cas par exemple de l’administrateur-directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), Adolphe Moudiki, et de l’ambassadeur itinérant et ancienne gloire du football Roger Milla, tous deux de nationalité française.


A la suite de la parution de notre article, Alphonse Joseph Bibehe nous a fait parvenir la demande de rectificatif suivante :

« L’information selon laquelle je suis « détenteur d’un document américain » est totalement erronée. Je n’ai qu’une seule et unique nationalité : la nationalité camerounaise. J’ai d’ailleurs un visa américain sur mon passeport camerounais. »

Dont acte. Nous présentons nos excuses à M. Bibehe.

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