Sport

CAF : Ahmad Ahmad face à quatre adversaires 

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Mis à jour le 13 novembre 2020 à 16h49
Élu en 2017 à la présidence de la Confédération africaine de Football (CAF), le Malgache Ahmad Ahmad est candidat à un second mandat.

Élu en 2017 à la présidence de la Confédération africaine de Football (CAF), le Malgache Ahmad Ahmad est candidat à un second mandat. © Hassan Ammar/AP/SIPA

Le président de la Confédération africaine de football sera candidat à sa propre succession en mars prochain. Il devra affronter l’Ivoirien Jacques Anouma, le Sud-Africain Patrice Motsepe et le Mauritanien Ahmed Yahya. Mais aussi le Sénégalais Augustin Senghor, qui vient tout juste de se déclarer.

Le 28 octobre dernier, dans les colonnes de Jeune Afrique, Ahmad Ahmad annonçait sa candidature à un second mandat à la présidence de la CAF, quatre ans après son élection à Addis-Abeba face au Camerounais Issa Hayatou.

Le Malgache se disait certain d’obtenir le soutien de 46 des 54 fédérations affiliées à la CAF et que personne n’oserait le défier. « Je ne pense pas que qui que ce soit se présente contre moi », nous affirmait-il. C’était aller un peu vite en besogne, puisque trois personnalités ont finalement décidé de se présenter. Et leurs candidatures, annoncées quelques jours avant la date limite fixée au 12 novembre, ont surpris.

Ahmad Ahmad, récemment testé positif au Covid-19, a d’abord appris que Jacques Anouma, ancien président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), se lançait dans la bataille. Puis le Mauritanien Ahmed Yaya, qui dirige la fédération de son pays et qui est réputé proche de l’actuel président de la CAF, s’est déclaré. Ce fut ensuite au tour du milliardaire sud-africain Patrice Motsepe, par ailleurs propriétaire et président du club de Mamelodi Sundows FC.

Peuvent-ils compromettre la réélection du Malgache, qui vient de vivre quatre années où le vent, parfois, a soufflé très fort ? Le 12 janvier prochain, les candidats déclarés sauront si leur dossier est validé. Mais d’ici là, la campagne aura déjà bien commencé.

 

AHMAD AHMAD (MADAGASCAR)

Le Malgache dit avoir hésité avant de se représenter. « Je viens d’une tribu, à Madagascar, où la coutume veut qu’à partir d’un certain âge, et j’ai 60 ans, on revienne à la maison », nous avait-il déclaré, avant d’expliquer qu’il avait choisi « d’assumer [ses] responsabilités ». « La CAF et le football africain ont besoin de stabilité », avait-il ajouté, défendant son bilan.

Il peut en effet se prévaloir d’avoir changé le format de la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations, qui se joue à vingt-quatre depuis 2019, créé la Ligue des champions féminine et changé le mode de gouvernance de l’instance. Il peut aussi présenter un bilan financier honorable et se targuer d’avoir plutôt bien géré les conséquences de la crise sanitaire.

Cela suffira-t-il ? En coulisses, Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football association (Fifa), s’active pour torpiller sa candidature. L’Italo-Suisse ne lui pardonne pas d’avoir mis fin à la mission d’audit de la Sénégalaise Fatma Samoura, secrétaire générale de la Fifa, au Caire, en 2019. La commission d’éthique de la Fédération pourrait par ailleurs déclencher une procédure à l’encontre d’Ahmad, soupçonné de corruption, et bloquer ainsi sa candidature.

 

JACQUES ANOUMA (CÔTE D’IVOIRE)

Président de la Fédération ivoirienne de football de 2002 à 2011, Jacques Anouma est devenu en décembre 2017 médiateur des présidents de la CAF et de la Fifa.

Président de la Fédération ivoirienne de football de 2002 à 2011, Jacques Anouma est devenu en décembre 2017 médiateur des présidents de la CAF et de la Fifa. © Patrick Seeger/DPA/MAXPPP

À 69 ans, cet ancien cadre de Renault et d’Air France, qui fut directeur financier de la présidence de la République ivoirienne de 2000 à 2010 et qui est connu pour sa proximité avec Laurent Gbagbo, a tenu un rôle actif dans le football ivoirien. Il a pris la tête de la fédération du pays en 2002, après avoir occupé d’autres fonctions au sein de l’instance.

Durant ses deux mandats, la Côte d’Ivoire s’est qualifiée deux fois pour la Coupe du monde (en 2006 et 2010), et la FIF a récolté les fruits financiers de ce bon bilan sportif, même si les détracteurs de l’ex-dirigeant rappellent que le football local n’en a pas vraiment profité.

Candidat en 2013 face à Issa Hayatou, ancien membre du Comité exécutif de la Fifa, Anouma est également président de l’Afad Djékanou, un club d’Abidjan qui évolue en Ligue 1. En 2017, il a été nommé médiateur des présidents de la CAF et de la Fifa.

 

PATRICE MOTSEPE (AFRIQUE DU SUD)

Premier associé noir d’un cabinet d’avocats sud-africain, premier milliardaire noir du pays, beau-frère du président Cyril Ramaphosa, Patrice Motsepe a fait fortune dans le secteur minier.

Premier associé noir d’un cabinet d’avocats sud-africain, premier milliardaire noir du pays, beau-frère du président Cyril Ramaphosa, Patrice Motsepe a fait fortune dans le secteur minier. © Erik Pendzich/REX/SIPA

Infecté par le Covid-19, Patrice Motsepe (58 ans) a laissé à Danny Jordaan, le président de la Fédération d’Afrique du Sud de football association (Safa), le soin d’annoncer sa candidature. Lors de cette conférence de presse, organisée le 9 novembre à Johannesburg, Jordaan a assuré que l’instance qu’il dirige accordait à Motsepe son soutien officiel, et que d’autres fédérations (Botswana, Sierra Leone, Nigeria) en faisaient autant.

Motsepe, qui dirige le puissant groupe African Rainbow Minerals, est surtout réputé pour ses qualités d’homme d’affaires, qui lui ont permis de devenir la dixième fortune d’Afrique, avec un bas de laine estimé à 2,4 milliards de dollars, selon Forbes.

Depuis 2003, le milliardaire est le propriétaire et le président de Mamelodi Sundows FC, un club situé à Pretoria. Si Motsepe y « consomme » nombre d’entraîneurs (dix-huit depuis son accession à la tête du club), il l’a aussi doté d’un palmarès flamboyant : une Ligue des champions (2016), une Supercoupe d’Afrique (2017), huit titres de champion et trois Coupes d’Afrique du Sud.

 

AHMED YAHYA (MAURITANIE)

Le Mauritanien Ahmed Yahya a annoncé sa candidature à la présidence de la CAF le 9 novembre 2020.

Le Mauritanien Ahmed Yahya a annoncé sa candidature à la présidence de la CAF le 9 novembre 2020. © FFRIM

Il est considéré comme un proche d’Ahmad Ahmad, qu’il côtoie notamment au sein du Comité exécutif de la CAF depuis 2017. Mais le président de la fédération mauritanienne a de l’ambition.

Âgé de 44 ans, Ahmed Yahya est le patron du club du FC Nouadhibou, l’un des meilleurs du pays. Dès son accession à la présidence de fédération, en 2011, il a décidé de relancer le championnat national, ainsi que les sélections dans toutes les catégories d’âges. Ce qu’il a réussi à faire, notamment grâce à l’aide des deux seuls sélectionneurs qu’il a engagés, les Français Patrice Neveu et Corentin Martins. Les Mourabitounes ont ainsi disputé le Championnat d’Afrique des nations (Chan) en 2014 et la CAN en 2019.

Cela ressemble à un ballon d’essai

Le football mauritanien a amélioré certaines de ses structures et ses compétitions sont organisées régulièrement. Gianni Infantino apprécie Ahmed Yahya, mais on ne sait pas vraiment qui sont ses soutiens. « Cela ressemble à un ballon d’essai, ses chances semblent minces, mais peut-être se prépare-t-il pour l’élection de 2025 », observe le dirigeant d’une fédération africaine.

 

AUGUSTIN SENGHOR (SÉNÉGAL)

Le président de la Fédération sénégalaise de football, Augustin Senghor, à Dakar le 17 mai 2018.

Le président de la Fédération sénégalaise de football, Augustin Senghor, à Dakar le 17 mai 2018. © SEYLLOU/AFP

Le Sénégalais âgé de 56 ans a déposé son dossier de candidature dans les temps, mais l’information, venant confirmer les rumeurs des derniers jours, n’a finalement fuité que vendredi 13 novembre à la mi-journée.

Le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) depuis 2009, dont le troisième mandat va s’achever l’année prochaine, est un homme très occupé. Par le ballon rond, donc, puisqu’il est non seulement membre du Comité exécutif de la CAF depuis 2017, mais également président de l’US Gorée, même si ses fonctions à la FSF l’obligent à beaucoup déléguer.

Mais son métier d’avocat spécialisé en droit des affaires dans les secteurs de la banque, des assurances et du maritime l’accapare aussi énormément. Tout comme l’administration de la ville de Gorée, dont il est maire depuis 2002.

Apprécié pour sa pondération, Senghor pourrait rallier quelques fédérations, et se présenter comme un outsider.

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