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Le Rwanda recrute Tidjane Thiam pour promouvoir la place financière de Kigali

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Mis à jour le 12 novembre 2020 à 16h27
Tidjane Thiam à Zurich, en février 2019.

Tidjane Thiam à Zurich, en février 2019. © Ennio Leanza/AP/SIPA

L’ex-patron de Credit Suisse vient d’être nommé président du conseil d’administration du Rwanda Finance Limited, l’agence gouvernementale chargée du développement et de la promotion du Kigali International Financial Centre (KIFC).

Après son départ précipité de la banque Credit Suisse, Tidjane Thiam confirme son ambition africaine. Le banquier franco-ivoirien vient en effet d’être nommé par le gouvernement rwandais à la tête du conseil d’administration du Rwanda Finance Limited. Cette nomination, qui intervient en même temps que six autres membres, est signée du Premier ministre rwandais Édouard Ngirente au terme d’un cabinet ministériel présidé par le chef de l’État Paul Kagame, mercredi 11 novembre, au Village Urugwiro.

Depuis le 7 février, date à laquelle il a démissionné de ses fonctions de directeur général au sein du groupe bancaire helvète, Thiam a tout d’abord été signalé au conseil d’administration du holding français de luxe Kering, avant de refaire parler de lui sur le continent.

Il s’est ainsi engagé deux mois plus tard dans la réponse économique à la crise engendrée par la pandémie de Covid-19, en intégrant la task force de l’Union africaine – aux côtés de Ngozi Okonjo-Iweala, Trevor Manuel et Donald Kaberuka -, chargée de trouver une solution coordonnée et continentale à la crise sanitaire. À cette occasion, il a notamment présidé un groupe de travail sur la lutte contre le Covid-19 avec le président rwandais, le 5 juin.

Puis il fait un retour, d’abord officieux, puis plus affirmé dans la politique en Côte d’Ivoire, plus de 20 ans après avoir quitté le pays dont il a été ministre du Plan et du Développement. Et il choisit officiellement les rangs de l’opposition dans la course à la présidentielle ivoirienne, remportée le 3 novembre par Alassane Ouattara dans le cadre d’un troisième mandat.

Promouvoir le secteur financier

Un retour aux affaires donc, pour celui que d’aucuns considère comme un prodige africain de la finance. Le banquier à qui l’on attribue le redressement et la restructuration de la deuxième plus importante banque suisse, tout comme le développement auparavant de l’assureur britannique Prudential.

Tidjane Thiam s’extirpe une nouvelle fois des affres de la politique ivoirienne. Et d’intégrer, à l’opposé du continent, une structure publique récemment créée. Pendant du Rwanda Development Board (RDB) – l’agence publique chargée d’attirer les investissements étrangers dans le pays -, le Rwanda Finance Limited a pour mandat de développer le Kigali International Financial Centre (KIFC). Celui-ci se veut un centre financier de classe mondiale, conçu pour promouvoir les investissements étrangers et la création d’emplois hautement qualifiés dans la finance au profit du Rwanda et du continent africain.

Avec Thiam, à noter la présence au board de l’agence gouvernementale dirigée par Nick Barigye, de l’ancien chef de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Liban Soleman, nommé en mai dernier au conseil d’administration du Rwanda Development Board. Ont également été désignés le Camerounais Diko Jacob Mukete, ancien représentant de la Banque africaine de développement (BAD) au Rwanda ; Louise Kanyonga, responsable de la stratégie et de la compliance au RDB ; l’expert-comptable Alice Ntamitondero ; Umulinga Karangwa, fondatrice de Africa Nziza Investment Advisory et Julien Kavaruganda, fondateur du cabinet d’avocats d’affaires K-Solutions & Partners.

Contacté par Jeune Afrique pour connaître la mission du nouveau conseil d’administration, et en particulier le mandat de Tidjane Thiam à la tête de l’instance, le Rwanda Finance Limited n’a pas répondu dans l’immédiat à nos questions.

Environnement favorable aux entreprises

Le Rwanda a une économie stable et résistante avec un taux de croissance moyen de 8,6 % sur dix ans. Il a également été classé premier pays d’Afrique pour la transparence de son gouvernement selon le rapport 2019 de Transparency International.

Depuis quelques années, le pays est reconnu pour son offensive pour attirer les capitaux étrangers. Il entend offrir un environnement favorable aux entreprises via la Vision 2035 et 2050 du gouvernement du Rwanda.

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