Dossier

Cet article est issu du dossier «Régionales au Cameroun : les enjeux du scrutin»

Voir tout le sommaire
Politique

Régionales au Cameroun : dans le Grand Nord, Paul Biya écarte les fortes têtes

Réservé aux abonnés | | Par
Le scrutin régional aura lieu le 6 décembre 2020 (photo d’illustration)

Le scrutin régional aura lieu le 6 décembre 2020 (photo d'illustration) © MABOUP

Le RDPC est déjà assuré de remporter les présidences du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua lors des régionales du 6 décembre. Et le parti de Paul Biya a retenu des têtes de liste qui ne s’opposeront pas à Yaoundé.

Majoritaire dans les trois régions du Grand Nord, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) est assuré de s’en octroyer les présidences à l’issue des élections régionales du 6 décembre prochain.

Fait notable : il n’y pas de fortes têtes locales sur les listes investies par le parti majoritaire dans le Nord, l’Extrême-Nord et l’Adamaoua. Yaoundé veut en effet pouvoir contrôler les exécutifs régionaux élus dans cette partie du pays culturellement proche du fédéralisme nigérian et frontalière, notamment, de l’État de Borno, le berceau de l’irrédentisme religieux porté par la secte islamiste Boko Haram.

Pas d’ambition nationale

Dans l’Extrême-Nord, ce sont les deux anciens ministres Zacharie Perevet (Emploi) et Adoum Garoua (Sports) qui sont en pole position sur les listes des départements du Mayo-Tsanaga et du Logone-et-Chari. Leur profil séduit Yaoundé : tous deux discrets, ils n’ont jamais manifesté d’ambition nationale. Ils sont par ailleurs chrétiens dans une région dont une partie de la jeunesse, séduite par l’islam politique, a rejoint les brigades fanatisées de Boko Haram.

D’autres candidats ont été écartés, comme Luc Ayang, le président du Conseil économique et social

Pour préserver leurs chances de diriger l’exécutif régional, d’autres candidats ont été écartés, comme Luc Ayang, le président du Conseil économique et social. La commission électorale a rejeté sa candidature au motif qu’un chef traditionnel de sa liste n’avait pas encore été homologué par l’autorité administrative. Quatrième personnalité de l’État dans l’ordre protocolaire, Ayang aurait pu faire jouer son influence pour régulariser son dossier mais n’en a rien fait.

Dans le Nord, une seule personnalité sort du lot : l’ancien délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Garoua, Ahmadou Elhadj Bouba. Ce notable provincial connu à Yaoundé pour avoir été proche de l’ancien ministre de l’Administration territoriale, Marafa Hamidou Yaya, semble bien placé pour être élu à la tête de la région.

« Rois » chouchoutés

Dans l’Adamaoua, la troisième région septentrionale, le RDPC compte moins de conseillers municipaux – et donc d’électeurs – que l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP). Mais le parti de Paul Biya part quand même favori. Il lui suffit pour l’emporter de rallier les 20 chefs traditionnels à sa liste.

Selon la loi, chaque région comptera en effet 90 conseillers dont 70 représentants de département et 20 représentants des royautés traditionnelles. Or depuis que le décret présidentiel du 13 septembre 2013 leur octroie une allocation mensuelle, les chefs traditionnels sont considérés comme des auxiliaires de l’administration. Le parti au pouvoir pourra donc s’appuyer sur ces « rois » particulièrement chouchoutés par le régime pour placer l’ancien gouverneur, Gambo Haman, à la tête de l’Adamaoua.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3102p001_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer