Politique

Présidentielle en Côte d’Ivoire : comment Alassane Ouattara gère la crise

Depuis sa victoire contestée par l’opposition à la présidentielle du 31 octobre, la situation est délicate pour le chef de l’État. Voici la manière dont il entend rester maître du jeu.

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Mis à jour le 6 novembre 2020 à 16:26

Alassane Ouattara, à Abidjan, en octobre 2020. © Issouf SANOGO / AFP

Selon nos informations, Alassane Ouattara a pris seul toutes ses décisions, notamment la mise en résidence surveillée de ses opposants, tous membres du Conseil national de la transition (CNT) présidé par Henri Konan Bédié (HKB).

Pour les questions sécuritaires, il s’appuie sur Hamed Bakayoko, son Premier ministre et ministre de la Défense, ainsi que sur le général Diomandé Vagondo, le ministre de la Sécurité ainsi que, par intérim, de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. De son côté, Sansan Kambilé (Justice) est sollicité pour étudier d’éventuelles suites judiciaires.

Maintien du blocus

Le patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) refuse toujours de dissoudre le CNT, condition posée par Ouattara avant toute négociation avec ses opposants.

Toujours selon nos informations, le chef de l’État a autorisé, le 4 novembre, un émissaire à se rendre chez HKB pour tenter de le convaincre de renoncer – sans succès. Bien qu’il ne prévoie pas d’arrêter son ex-allié, il devrait maintenir le blocus jusqu’au 14 décembre, date prévue de son investiture.

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L’entourage d’Alassane Ouattara avait d’abord minimisé l’importance de la contestation. Le chef de l’État réélu, qui a d’ailleurs dû reprendre en main l’opération de sécurisation du scrutin « Barrissement de l’éléphant » en raison de nombreux couacs, a attendu que la Commission électorale indépendante (CEI) proclame des résultats provisoires pour revenir à ses activités officielles.

Ces derniers jours, il a passé la majeure partie de son temps dans sa résidence privée de Riviera-Golf, à Cocody, où il a reçu ses ministres. Il a également téléphoné régulièrement à ses homologues et aux diplomates en poste à Abidjan. Le 1er novembre, il s’est ainsi entretenu avec l’ambassadeur de France Jean-Christophe Belliard.