Religion

Ghaleb Bencheikh : « Le discours islamiste a pris en charge l’angoisse liée aux fractures identitaires »

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Mis à jour le 04 novembre 2020 à 17h22
Ghaleb Bencheikh, docteur en sciences et islamologue, est président de la Fondation de l’islam de France. Ici le 9 janvier 2019.

Ghaleb Bencheikh, docteur en sciences et islamologue, est président de la Fondation de l’islam de France. Ici le 9 janvier 2019. © Guillaume POLI/CIRIC

Le président de la Fondation de l’islam de France, Ghaleb Bencheikh, appelle les musulmans à investir le champ du savoir pour éviter les pièges du fanatisme.

Le président de la Fondation de l’islam de France, Ghaleb Bencheikh, revient sur la déflagration provoquée par les attaques terroristes de Conflans-Sainte-Honorine et de Nice, et explore les enjeux de la lutte contre l’islamisme radical. Tout en appelant les Français de confession musulmane à investir le champ de l’instruction et du savoir religieux. Un préalable, selon lui, pour « démanteler les idées fanatiques ».

Jeune Afrique : Deux semaines après l’exécution de Samuel Paty, et une semaine après l’attentat de Nice, quel regard portez-vous sur la situation ?

Ghaleb Bencheikh : Deux semaines après la décapitation de Samuel Paty, je pense que la crise a assez duré – et une crise qui est durable n’en est plus une. C’est un état de belligérance larvée. Et cette crise, si on garde le mot, connaît des convulsions paroxystiques en ce moment, le énième attentat de Nice l’illustre avec une grande affliction. Mais nous ne devons pas rester tétanisés à les attendre et à les subir.

Que pensez-vous des réponses que les pouvoirs publics sont en train d’apporter ?

Les gouvernements sont composés d’hommes et de femmes. Il y a donc une part d’émotion qui les caractérise. Il y a ce qui est attendu devant l’opinion publique, devant la nation, choquée, traumatisée, indignée, résiliente, convalescente. Il fallait des mesures, ne serait-ce que d’une portée symbolique, qui traduisent la fermeté du gouvernement. Là-dessus, nous sommes tranquilles, car nous sommes dans un État de droit. Ce que le droit permet sera fait. Le droit corsète et libère en même temps.

L’enseignement de la liberté d’expression à travers les caricatures du prophète Mohammed publiées par Charlie Hebdo sont au cœur de l’assassinat de Samuel Paty. Qu’est-ce que cet épisode tragique révèle des Français de confession musulmane ?

La situation est complexe. Quand on dit complexe, soit on se défausse sur le mot et on passe à autre chose, soit on explique en quoi. L’écheveau de cette affaire mérite une approche froide qui décortique et nous explique les strates multidimensionnelles d’une crise sédimentée.

Il y a la strate sociologique – qui ne justifie rien mais qui explique –, la strate politique et la strate géostratégique – ce que nous voyons maintenant avec un emballement qui dépasse le cadre français.

Il y a aussi une lecture psychanalytique. Il y a également, pour certains, des moments de soulèvements millénaristes, nihilistes, apocalyptiques… Et puis on a enfin la lecture théologique et l’approche culturelle.

Le tout, enchevêtré, donne la situation que nous connaissons maintenant. Chacune de ces analyses a sa pertinence propre mais aucune n’épuise à elle seule le sujet. L’affaire des caricatures devient le symptôme d’une réelle maladie.

La pensée théologique islamique est en crise

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