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Tanzanie : John Magufuli déclaré vainqueur de la présidentielle, l’opposition conteste

Le président sortant de la Tanzanie, John Magufuli, a été déclaré vendredi vainqueur de la présidentielle avec 84,39% des suffrages exprimés.

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Mis à jour le 31 octobre 2020 à 17:09

John Magufuli lors d’un rassemblement de campagne, le 27 octobre 2020. © AP/Sipa

« La Commission déclare John Magufuli du (parti au pouvoir) CCM, qui a remporté la majorité des voix, vainqueur de l’élection présidentielle », a déclaré le président de la NEC Semistocles Kaijage. L’opposition a d’ores et déjà rejeté en bloc l’élection, criant à la fraude massive.

Principal adversaire de John Magufuli, Tindu Lissu, avocat de 52 ans et candidat du Chadema, principale formation de l’opposition recueille 13,03% des suffrages exprimés.

Le reste des voix est éparpillé entre les 13 autres candidats.

Bulldozer

Surnommé le « bulldozer » et élu en 2015 sur un radical programme anticorruption, John Magufuli a été accusé de dérive autoritaire durant son premier mandat, marqué par un recul très net des libertés individuelles et des droits humains, selon de nombreux défenseurs des droits de l’Homme.

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Le taux de participation s’élève à 50,72% des quelque 29,75 millions d’électeurs.

Le CCM de John Magufuli, ancien parti unique, au pouvoir sans discontinuer depuis l’indépendance, rafle également la quasi-totalité des 264 sièges du Parlement, attribués lors du scrutin législatif couplé à la présidentielle, selon les derniers résultats publiés par la NEC.

L’opposition dénonce une « fraude »

Tindu Lissu avait dès jeudi, par avance, rejeté l’ensemble des résultats des scrutins présidentiel et législatifs tenus sur la partie continentale et sur l’archipel semi-autonome de Zanzibar, qui forment la République unie de Tanzanie (environ 58 millions d’habitants).

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Ce « n’était pas une élection » mais l’oeuvre d’un « gang qui a décidé de rester au pouvoir coûte que coûte », avait accusé Tindu Lissu, qualifiant les résultats d’ »illégitimes ».

« Le changement démocratique n’est pas possible en Tanzanie », avait-il déploré, dénonçant « une fraude électorale d’une ampleur sans précédent » dans le pays.

Appels à manifester

La Tanzanie n’autorise pas de contestation en justice du résultat de la présidentielle – une procédure possible pour les législatives – et Tindu Lissu a appelé ses partisans à des manifestations « démocratiques et pacifiques » et au soutien de la communauté internationale.

« Nous appelons d’abord à de nouvelles élections dès que possible. Nous appelons à des manifestations continues et pacifiques à partir de lundi dans tout le pays jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites », a déclaré Freeman Mbowe, chef du principal parti d’opposition, Chadema, lors d’une conférence de presse conjointe à Dar es Salaam avec une autre formation, l’ACT-Wazalendo.