Politique

Maroc : Driss Lachgar met l’USFP en ordre de bataille

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L'avocat marocain Driss Lachgar est le secrétaire général de l'USFP. 

L'avocat marocain Driss Lachgar est le secrétaire général de l'USFP.  © Alexandre DUPEYRON

Sorties médiatiques, réunions régionales, recrutement de notables… Le premier secrétaire du parti socialiste est sur tous les fronts. Objectif : éviter une nouvelle Bérézina électorale.

Il est partout, il donne son avis sur tout… Driss Lachgar, Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), ne rate aucune occasion d’occuper la scène médiatique. En fin de  semaine dernière, il réagissait sur la chaîne Medi1 TV sur la nouvelle taxe de solidarité prévue dans le projet de loi de Finances 2021.

Et, au cours de cette intervention, il a veillé à distiller une de ces formules socialistes qui caressent les syndicats dans le sens du poil. « La taxe de solidarité devrait être progressive et prendre la forme d’un impôt sur la fortune », a-t-il asséné au sujet de cette imposition additionnelle sur les salaires et les bénéfices.

Mettre la pression sur le PJD

Quelques jours auparavant, Driss Lachgar avait choisi la télévision panarabe Al Ghad pour mettre la pression sur le Parti justice et développement (PJD), au sujet du quotient électoral qui fait débat dans le cadre de la préparation des futurs scrutins.

La révision de ce quotient augmenterait les chances des petits partis dans la répartition des sièges de députés

« Le PJD doit accepter cette nouvelle disposition qui fait l’unanimité parmi les formations politiques », a lancé le chef de file des socialistes. Et pour cause, l’USFP pourrait être l’un des grands bénéficiaires de la révision de ce quotient – calculé sur le nombre d’inscrits et non pas sur le nombre de voix exprimées –, qui augmenterait les chances des petits partis dans la répartition des sièges de députés ou de conseillers communaux.

Car l’ère où l’USFP était considéré comme une force politique de premier plan est bien révolue. Surtout depuis la débandade de 2016, quand la formation historique n’avait pu récolter que 367 000 voix et décrocher tout juste 20 sièges à la Chambre des représentants, soit le minimum requis pour constituer un groupe parlementaire…

Driss Lachgar ne veut pas revivre une telle Bérézina en 2021. Surtout que le Premier secrétaire n’a pu sauver son fauteuil en 2016 que grâce au soutien du Rassemblement national des indépendants (RNI), qui a insisté pour inclure le parti de la rose dans la coalition gouvernementale, et lui obtenir ainsi trois maroquins ministériels.

« Éviter une nouvelle humiliation »

Le neuvième Congrès ordinaire de l’USFP avait été organisé dans la foulée afin d’accorder à Lachgar son deuxième mandat. « C’est pour éviter une nouvelle humiliation dans les urnes que le Premier secrétaire fait preuve d’un dynamisme sans précédent ces derniers temps, décrypte un dirigeant socialiste. De toute façon, il sera difficile de faire pire que les résultats de 2016. »

C’est ainsi que Driss Lachgar met le parti en ordre de bataille. Au cours du mois d’octobre, le Premier secrétaire a tenu trois réunions avec les membres du Conseil national de l’USFP, notamment à Casablanca, Marrakech et Agadir. Le mot d’ordre : « Une reconstruction organisationnelle pour assurer un retour en force de l’USFP lors des prochaines élections. »

Le dirigeant met toutes les chances de son côté, quitte à ouvrir son parti aux transhumants

Pour cela, le dirigeant met toutes les chances de son côté, quitte à ouvrir son parti aux transhumants. À Marrakech, le Premier secrétaire, accompagné de ses fidèles du bureau politique, a accueilli à bras ouverts un groupe de démissionnaires du Parti du progrès et socialisme (PPS).

« L’USFP est depuis toujours ce grand fleuve que renforcent les affluents progressistes et de gauche », a expliqué, dans un registre lyrique, Driss Lachgar. Il a rendu un hommage particulier au leader de ce groupe de nouveaux ittihadis, Ahmed El Mansouri. Ce dernier a d’ailleurs été désigné dans la foulée responsable de l’USFP dans la région. Un renfort bienvenu pour tenter de reconquérir une des anciennes citadelles électorales du parti socialiste.

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