Technologie

Shola Akinlade (Paystack) : « Le plus dur est devant nous »

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Mis à jour le 26 octobre 2020 à 17h39
La plateforme cofondée par Shola Akinlade revendique plus de 60 000 clients.

La plateforme cofondée par Shola Akinlade revendique plus de 60 000 clients. © Robert Filcsik

Pour le jeune cofondateur de Paystack, le deal à plus de 200 millions de dollars conclu avec le géant américain Stripe va ouvrir la voie aux entreprises mondiales qui veulent profiter de la belle dynamique sectorielle à l’œuvre sur le continent.

À l’heure où les revendications de la jeunesse nigériane ne reçoivent comme seule réponse que la violente répression policière, et alors que la classe politique vieillissante ne semble pas saisir la  dynamique portée par ce mouvement de contestation, une nouvelle génération d’entrepreneurs porte haut les espoirs de ce pays où la moitié de la population a moins de 19 ans .

Alors, quand le géant américain des paiements Stripe a annoncé, le 15 octobre, qu’il acquérait la société de Paystack, c’est toute la fintech nigériane, en plein essor, qui s’est soudainement retrouvée sous le feu des projecteurs

Dans un communiqué, Stripe a déclaré : « L’économie africaine de l’internet se développe rapidement, le commerce en ligne sur le continent connaît une croissance de 21 % d’une année sur l’autre, soit 75 % de plus que la moyenne mondiale. Afin de contribuer à l’augmentation du PIB en ligne de l’Afrique, Stripe a conclu un accord pour acquérir Paystack, une entreprise technologique basée à Lagos qui permet aux organisations de toutes tailles de collecter facilement des paiements du monde entier ».

Shola Akinlade a répondu à nos questions par courrier électronique depuis Lagos.

Jeune Afrique : Est-ce une juste récompense pour un travail acharné ?

Shola Akinlade : En réalité, le plus dur est devant nous. Nous sommes chanceux d’en être arrivés là en quatre ans, et nous sommes encore plus chanceux  de pouvoir nous associer à l’une des sociétés du secteur les plus sophistiquées du monde pour résoudre le problème des paiements et contribuer à accroître la valeur de l’internet.

La suite logique de la relation était d’unir nos forces

Comment l’accord avec Stripe a-t-il abouti ?

Stripe et Paystack sont tous deux des anciens du Y Combinator ; c’est au sein de l’incubateur que nous avons été mis en contact. Nous avons été présentés à Patrick Collison [cofondateur de Stripe avec son frère John], qui nous a ensuite proposé d’investir : Stripe dirigerait  notre série A et, avec Visa, investirait 8 millions de dollars en 2018.

Depuis lors, nous avons travaillé en partenariat étroit et, après plus de deux ans de partage de connaissances entre nos équipes, nos visions étaient tellement alignées qu’il nous a semblé évident que la suite logique de la relation était d’unir nos forces de cette manière.

Quels sont les avantages de cet accord pour Stripe ? Êtes-vous leur porte d’entrée sur le continent ?

La mission de Stripe est d’augmenter le PIB de l’internet, et l’acquisition de Paystack permet à Stripe de mener cette mission à travers l’Afrique, en rendant les paiements en ligne et hors-ligne plus faciles pour les sociétés africaines, et en donnant la possibilité à davantage d’entreprises mondiales de pénétrer dans cette région à forte croissance.

Notre projet pilote en Afrique du Sud est maintenant opérationnel

Paystack continuera de fonctionner de manière indépendante, et grâce à l’union avec Stripe, les commerçants et les partenaires de Paystack peuvent s’attendre à plus de canaux de paiement, plus d’outils, une expansion géographique accélérée à travers le continent, et une intégration plus profonde aux plateformes mondiales. Notre projet pilote en Afrique du Sud est maintenant opérationnel, et nous travaillons à son lancement complet dans le pays.

Même si l’accord initial prévoit de ne rien changer au niveau opérationnel pour la première phase, à quelles évolutions vous attendez-vous par la suite ?

Dans un avenir proche, nous continuerons d’exécuter une feuille de route ambitieuse avec le soutien des ressources et de l’expertise approfondie de Stripe.

Serez-vous intégrés aux systèmes mondiaux de Stripe ? Il s’agit sans doute de l’une des raisons de l’acquisition de Stripe, mais comment cela fonctionnera-t-il ?

Au fil du temps, Paystack contribuera à l’expansion du réseau mondial de paiement et de trésorerie (GPTN) de Stripe. Il s’agit de l’infrastructure programmable de Stripe pour la circulation de l’argent au niveau mondial, qui s’étend actuellement à 42 pays. Cela permettra aux clients de Stripe de se développer plus facilement en Afrique.

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