Politique

Présidentielle en Centrafrique : Crépin Mboli-Goumba, le candidat qui veut « tourner la page Touadéra »

Réservé aux abonnés | | Par - à Bangui
Crepin Mboli-Goumba, en 2013.

Crepin Mboli-Goumba, en 2013. © © PATRICK FORT / AFP

L’opposant Crépin Mboli-Goumba, à la tête d’un groupe de sept députés, fait campagne sur l’insécurité et la présence russe pour l’emporter lors de la présidentielle du 27 décembre.

Lors de l’élection présidentielle de décembre 2015, Crépin Mboli-Goumba rêvait d’être le « Obama centrafricain » et de faire son entrée au palais de la Renaissance. Finalement il ne put se présenter, la Cour constitutionnelle ayant exclu toutes les personnalités liées aux régimes de transition. Quelques semaines plus tard, à l’occasion des législatives de janvier 2016, le leader du Parti africain pour la transformation radicale et l’intégration des États (PATRIE) prit une revanche et récola les fruits de sa popularité naissante avec la création d’un groupe parlementaire de sept députés.

Sa candidature au scrutin présidentiel du 27 décembre prochain, parmi la myriade de postulants, n’est donc pas une surprise. À 49 ans, Crépin Mboli-Goumba est une figure des dernières transitions en Centrafrique. Il a d’abord été ministre d’État aux Travaux publics et porte-parole dans le dernier gouvernement de François Bozizé en 2013 – après un accord entre Bozizé et l’opposition, Mboli-Goumba étant numéro deux de l’opposition derrière Nicolas Tiangaye. Par la suite, il fut reconduit par Michel Djotodia après la chute de Bozizé, devenant l’une des personnalités influentes du régime.

Fronde étudiante

Jusque-là très peu médiatisé, Crépin Mboli-Goumba fait pourtant son apparition sur la scène politique dès l’âge de 22 ans. En 1993, il préside l’Association des étudiants centrafricains et mène la fronde étudiante qui tient tête à l’ancien président Ange-Félix Patassé. Après son expulsion de l’université de Bangui puis une persécution du régime, il est contraint à l’exil. Mboli-Goumba part aux États-Unis où il achève ses études en droit des affaires à la Howard Law School, à Washington.

De retour en Centrafrique, il profite des contestations dans le pays dès 2011 contre François Bozizé, tout juste réélu en janvier, pour s’imposer au sein de l’opposition. « J’avais senti que la classe politique avait besoin d’un vent frais », a-t-il expliqué. Il se rapproche de l’opposant Nicolas Tiangaye, alors leader du Front pour l’annulation et la reprise des élections de 2011 (FARE), et devient le numéro deux de cette plateforme de contestation.

Insécurité

Opportuniste, Crépin Mboli-Goumba en profite pour surfer sur la popularité de ce mouvement d’opposition, largement supérieure à celle du chef de l’État. Il figure sur la liste restreinte des opposants, invités début 2013 à la table des négociations à Libreville avec Bozizé et les groupes armés.

Depuis, il est devenu l’une des figures de l’opposition dans le pays. Il a même été engagé comme avocat de la compagnie minière canadienne Axmin, dont le permis d’exploitation de la mine d’or de Ndassima a été réattribué en août à une société russe.

Approché en 2018 par d’autres pour créer une force d’opposition, Crépin Mboli-Goumba a décliné l’offre, préférant faire cavalier seul et déclarer sa candidature à la prochaine présidentielle. Très critique envers le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, Crépin Mboli-Goumba a fait de l’insécurité et des contrats miniers accordés aux Russes ses thèmes de campagne pour tenter de « tourner la page Touadéra ».

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