Transport aérien

Tournant à 30 % de ses capacités, Tunisair est sur la corde raide

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Mis à jour le 26 octobre 2020 à 11h02
La compagnie affiche un déficit de 309 millions d’euros.

La compagnie affiche un déficit de 309 millions d’euros. © Frank Kovalchek/Flick/Licence CC

Préconisée par la Commission européenne, l’interdiction des voyageurs de Tunisie dans l’UE n’a que peu d’impact sur une compagnie tunisienne déjà à la peine.

La situation à Tunisair est déjà tellement difficile que la recommandation, mercredi 21 octobre, de la Commission européenne d’interdire aux pays membres l’arrivée de voyageurs en provenance de Tunisie a, à peine, suscité l’émoi au sein de Tunisair.

« Nous sommes à seulement 30 % de notre activité depuis septembre. Nous ne pouvons pas tomber plus bas de toute façon », lâche Sami Blidi, directeur stratégie et planification de la compagnie aérienne nationale alors qu’au printemps dernier la compagnie à la gazelle visait un retour opérationnel à 70 %.

Si l’annonce européenne est forte symboliquement, elle n’aura qu’un impact limité. Elle ne concerne, en effet, pas les binationaux et résidents. Le texte de la Commission européenne n’est, en outre, qu’une recommandation : les États sont libres de l’appliquer ou non. Vendredi, les autorités tunisiennes attendaient d’ailleurs toujours la liste des pays qui suivraient ce conseil.

Stratégies différentes dans les pays concernés

Les trois pays de l’UE desservis actuellement par Tunisair ont ainsi adopté trois stratégies différentes. L’Italie n’a, pour l’heure, pas modifié les procédures : les voyageurs en provenance de Tunisie ne sont soumis à aucune contrainte.

Pour fouler le territoire allemand, il faut justifier d’une « raison exceptionnelle »

« La mobilité sera toujours possible, mais seulement pour des publics bien définis », a précisé, quant à elle, l’ambassade de France, vendredi à la mi-journée, qui a dressé la liste des catégories de voyageurs concernées plus tard dans la soirée.

L’Allemagne a durci ces conditions d’accès dès le 9 octobre. Pour fouler le territoire germanique, il faut justifier d’une « raison exceptionnelle » et en fournir des preuves draconiennes. Par exemple, visiter son conjoint installé en Allemagne est une raison valable à condition que ce dernier ait fourni une lettre d’invitation écrite, de prouver qu’il s’agit d’« une relation de long terme » en justifiant que l’on a déjà rencontré personnellement son partenaire sur le territoire allemand au moins une fois auparavant ou que l’on a habité ensemble à l’étranger…

Gestion au jour le jour

À noter que dans l’autre sens, les visiteurs arrivant en Tunisie depuis l’un de ces pays doivent justifier d’un test PCR négatif de moins de 72 heures et observer un auto-isolement de 14 jours. La procédure décourage la plupart des touristes qui, à cette période, fuient d’ordinaire la grisaille européenne.

Avant même la pandémie, seuls huit des 27 avions étaient en état de voler

Cette cacophonie, renforcée encore par la recommandation de l’institution européenne, oblige Tunisair à gérer au jour le jour. Mercredi, seuls neuf vols ont eu lieu sur toute la Tunisie.

L’an dernier, le déficit de Tunisair, détenu à 74,42 % par l’État, avait atteint 965 millions de dinars (309 millions d’euros). Avant même la pandémie, seuls huit des 27 avions étaient en état de voler du fait du vieillissement de la flotte et de l’absence de moyens pour payer les pièces de rechange.

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