Sécurité

RDC : l’État islamique revendique l’évasion spectaculaire à la prison de Béni

| Par - à Kinshasa
Des soldats des FARDC à Béni, le 14 décembre 2018.

Des soldats des FARDC à Béni, le 14 décembre 2018. © REUTERS/Goran Tomasevic

Plus d’un millier de détenus ont fui la prison centrale de Kangbayi, à Béni, dans l’est de la RDC, après une attaque menée ce mardi qui a été revendiquée par l’organisation État islamique.

Les circonstances de cette spectaculaire évasion restent encore floues. L’attaque a eu lieu vers 4 h du matin, heure locale, ce mardi. « La position militaire installée à proximité de la prison a été attaquée en même temps que les gardes qui se trouvaient à la porte » de celle-ci, a expliqué le maire intérimaire de Béni, Modeste Bakwanamaha, joint par Jeune Afrique. Les assaillants étaient « en grand nombre », a-t-il précisé, affirmant que seulement « une centaine de détenus » n’avaient pas profité de l’attaque pour prendre la fuite.

Selon plusieurs sources officielles, la prison centrale de Kangbayi comptait 1447 détenus au moment de l’attaque. Selon le directeur de la prison, cité par Kivu Security Tracer (KST), les détenus étaient des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), des membres de milices Maï-Maï et des soldats des Forces armées congolaises (FARDC). Selon la même source, « seuls 145 ne se sont pas enfuis », précisent les experts du KST.

Deux prisonniers ont été tués par balles, a précisé la police congolaise sur Twitter, affirmant que l’attaque avait été menée « par des rebelles ADF ».

Revendication de l’EI

Quelques heures après l’attaque, l’organisation État islamique (EI) a revendiqué l’attaque, à travers un communiqué publié par son « agence de presse » Amaq, ont indiqué les experts de SITE Intelligence group.

Le groupe terroriste a, depuis avril 2019, revendiqué plusieurs attaques attribuées à des ADF, ces rebelles musulmans ougandais installés dans l’Est de la RDC depuis 1995 accusés du massacre de plus d’un millier de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014. Mais plusieurs de ces revendications comportaient des erreurs factuelles sur le déroulement des faits, ce qui fait peser des doutes sur la réalité de l’implantation réelle de l’EI en RDC.

« Au vu de la nature des personnes qui y étaient retenues et des attaques répétitives contre cette maison carcérale dans le passé, la prison centrale de Béni était une cible privilégiée des assaillants et aurait bénéficiée d’une haute sécurité pour faire face aux attaques de forte ampleur », a dénoncé le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha). Le 11 juin 2017, prison centrale de Kangbayi avait en effet déjà été attaquée par des hommes armés présentés comme des ADF par les autorités. Ce jour-là, 930 détenus s’étaient évadés, et l’attaque avait fait onze morts.

La Lucha regrette en outre que cette évasion « renforce les bandes criminelles dans la région de Béni déjà fortement insécurisée » et souligne qu’elle a permis la fuite d’« auteurs de massacres dont on attendait depuis des années un procès public ».

Les autorités provinciales ont annoncé l’ouverture d’enquêtes sur les circonstances de cette évasion, afin que  « les auteurs soient arrêtés et répondent de leurs actes ». Selon une source sécuritaire qui s’est confiée à Jeune Afrique sous couvert d’anonymat, l’attaque aurait été permise grâce à des « complicités de certains officiers au sein de l’armée ».

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