Banque de développement

BAD : le Sénégalais Amadou Hott aux manettes du comité sur la gouvernance

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Mis à jour le 22 octobre 2020 à 19h08
Le ministre sénégais de l'Économie, Amadou Hott, à Dakar, le 16 février 2020.

Le ministre sénégais de l'Économie, Amadou Hott, à Dakar, le 16 février 2020. © Andrew Caballero-Reynolds/AP/SIPA

Mis sur pied après la crise qu’a traversée la BAD, ce nouveau comité devra examiner la politique d’éthique de la Banque africaine de développement.

C’était l’annonce principale des dernières assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) : la création d’un comité ad hoc pour revoir l’ensemble des règles de gouvernance de l’institution et mettre définitivement derrière elle « l’affaire Adesina ».


>>> À lire : notre dossier Six mois qui ont ébranlé la BAD 


Selon nos informations, c’est le Sénégal qui prend la tête de ce comité réunissant les représentants de cinq pays et devant présenter ses conclusions lors de la prochaine édition des assemblées annuelles, en 2021.

Aux côtés du Sénégal, quatre autres pays sont mobilisés : deux africains, l’Afrique du Sud et le Maroc, et deux extérieurs au continent, les États-Unis et l’Allemagne.

Cinq pays représentés

Amadou Hott, le ministre sénégalais de l’Économie et gouverneur du pays au sein de la BAD, dont il a été le vice-président en charge de l’énergie, du climat et de la croissance verte entre 2016 et 2019, présidera ce comité.

Lors des dernières assemblées annuelles, fin août, c’était le ministre des Finances sud-africain, Tito Mboweni, qui menait les discussions pour son pays. Le Maroc était lui représenté par son ministre de l’Économie, Mohamed Benchaâboun, et sa directrice du Trésor, Fouzia Zaâboul.

Si le gouverneur américain est le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, c’est Mathew Haarsager, adjoint au département américain, qui suit le dossier et a pris la parole lors des dernières assemblées annuelles. L’Allemagne était, quant à elle, représentée par la secrétaire d’État Maria Flachsbarth.

La création de ce comité – qui compte donc trois gouverneurs africains et deux « non-régionaux » – a été annoncée à l’issue des dernières assemblées générales de la BAD, qui ont vu la reconduction pour un nouveau mandat de cinq ans du président sortant et seul candidat à sa succession, le Nigérian Akinwumi Adesina.

Un comité qui rassemble soutiens et critiques d’Adesina

Une réponse à la crise qui a éclaté au sein de la BAD début 2020 en raison d’accusations de mauvaise gouvernance portées par des lanceurs d’alerte internes à la banque contre Adesina.

Durant plusieurs mois, l’affaire a agité l’institution et fragilisé son président, accusé de favoritisme et de conflit d’intérêts. Toutefois, ce dernier a été blanchi à la fois par un rapport du comité d’éthique de la BAD et par une « revue indépendante » menée par l’ancienne présidente d’Irlande, Mary Robinson. Puis, fin août, il a été réélu avec 100 % des voix.

La composition du comité d’éthique semble vouloir contenter l’ensemble des parties prenantes, réunissant des gouverneurs présentés comme des soutiens d’Adesina, dont Amadou Hott, mais aussi des représentants plus critiques, notamment celui des États-Unis.

C’est en effet le secrétaire américain Mnuchin qui avait appelé en mars à une enquête indépendante et approfondie sur les questions soulevées par les lanceurs d’alerte.

Examiner « l’ensemble des pratiques » de la BAD

Selon le mémorandum de la BAD sur la désignation des membres du comité ad hoc daté du 24 septembre et consulté par JA, les cinq gouverneurs devront examiner l’ensemble des pratiques de l’institution en matière de gouvernance, dont : « la politique de dénonciation d’abus et de traitement des griefs », le « code de conduite des administrateurs de la BAD », les « termes de référence du comité d’éthique » et « les termes de référence pour le recrutement des experts indépendants ou du panel pour la revue approfondie ».

Ils devront présenter un rapport lors des prochaines assemblées générales de la Banque avec leurs « conclusions et recommandations préliminaires afin d’actualiser le cadre de gouvernance ainsi que les règles et politiques pertinentes », peut-on lire dans le document.

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