Politique

Grands Lacs : pourquoi Tshisekedi peine à organiser la réunion de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba

Les équipes de Félix Tshisekedi s’activent pour organiser la 10e réunion du mécanisme régional de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, non sans difficultés.

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Mis à jour le 16 octobre 2020 à 18:36

Félix Tshisekedi, lors du conseil des ministres, le 2 octobre 2020. © PRESIDENCE RDC

Après la visite fin septembre à Kinshasa de Huang Xia, l’envoyé spécial des Nations unies pour la région des Grands Lacs, les autorités congolaises redoublent d’efforts pour organiser la 10e réunion du mécanisme régional de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba.

Repoussé à trois reprises, en octobre 2019, février et mars 2020, le sommet des chefs d’État signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba aurait dû se tenir le 19 octobre, mais a de nouveau été reporté. La réunion du comité d’appui technique réunissant les équipes techniques des différents pays n’a pas non plus pu se tenir le 15 octobre, comme prévu.

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Selon nos informations, ce nouveau report est en partie lié au retard pris dans l’envoi des notes verbales envoyées aux douze pays signataires de l’accord, le 30 septembre. C’est en tout cas la raison avancée par certains participants. 

Les demandes de l’Ouganda

Dans un courrier daté du 13 octobre, adressé par le ministère des Affaires étrangères ougandais à son homologue congolais, Kampala assure n’avoir reçu son invitation que le 12 octobre et demande à ce qu’une nouvelle date lui soit communiquée pour lui permettre d’être représenté « au niveau approprié ». Dans cette lettre, que Jeune Afrique a pu consulter, l’Ouganda demande également que le futur sommet soit précédé, comme il est d’usage, d’une réunion au niveau ministériel. 

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À moins d’une semaine de la date initialement prévue pour le sommet, la RDC n’avait, selon nos informations, pas encore communiqué aux pays et organisations concernés – l’ONU, l’Union africaine (UA) , de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) – les informations relatives à l’outil technique devant permettre les échanges par visioconférence, ni les détails sur le programme de la réunion. 

Blocage « diplomatique »

Selon une source officielle congolaise, les invitations sont bel et bien parties à temps mais le blocage côté ougandais serait d’ordre « diplomatique ». Kampala doit, à l’occasion de cette 10e réunion, passer le relais à la RDC à la tête du mécanisme de l’accord-cadre.

Les douze présidents des pays signataires de l’accord sont attendus en visioconférence, ainsi que des représentants des Nations unies, de l’UA, de la CIRGL et de la SADC. Félix Tshisekedi a également convié le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui a présidé l’Union africaine en 2019 et avec qui il resserre ses liens depuis plusieurs semaines.