Transport aérien

Addis-Abeba repousse la privatisation partielle d’Ethiopian Airlines

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Mis à jour le 16 octobre 2020 à 12h44
Ethiopian Airlines, leader du transport aérien en Afrique.

Ethiopian Airlines, leader du transport aérien en Afrique. © Christian Junker/Flickr/Licence CC

Symbole de modernisation économique, le processus d’ouverture du capital d’Ethiopian Airlines – annoncé en 2018 – a été « suspendu » par les autorités. Explications.

En 2018, son annonce avait été un des symboles du vent de libéralisation politique et économique qu’avait fait souffler l’arrivée au pouvoir du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Mais si l’ouverture de 40 % du capital de l’opérateur historique Ethiotel attire actuellement de grandes convoitises, la privatisation partielle d’Ethiopian Airlines, elle, attendra.

Ahmed Shide, ministre de l’Économie, a annoncé le 13 octobre, lors d’un point presse à Addis Abeba, la suspension du processus de privatisation partielle du pavillon national. « Nous ne pensons pas que ce soit le bon moment pour privatiser Ethiopian », a indiqué le ministre.

Quatre entreprises publiques à privatiser

Une décision qui intervient quelques jours après le report de celle de l’armateur national Ethiopian Shipping & Logistics Services Enterprise, qui faisait partie, avec la compagnie électrique, des quatre grandes entreprises nationales qui devaient s’ouvrir au marché. Mais 2018 semble aujourd’hui bien loin…

À l’époque, Ethiopian Airlines avait achevé son plan de développement Vision 2025, sept ans avant son terme, et voulait aller encore plus loin, en étendant encore plus son réseau, sa flotte, en prenant des participations tous azimuts dans des pavillons nationaux, pour devenir un super-connecteur mondial à l’image de Turkish Airlines ou des compagnies du Golfe.

Si peu de détails filtraient alors, la compagnie comptait s’y prendre dans la durée. Comme l’avait confié en novembre 2018 à Jeune Afrique son directeur général, Tewolde GebreMariam, des participations croisées avec des compagnies aériennes du continent ou des participations minoritaires d’États comme l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya, le Ghana, étaient envisagées.

Ces derniers jours, Ethiopian Airlines a confirmé sa volonté de créer une coentreprise pour relancer South African Airways, mais en fournissant de l’expertise, des équipages, des services de maintenance et des appareils, plutôt qu’en y injectant du cash ou en y épongeant les dettes.

Attente de jours meilleurs

Étaient également évoquées il y a deux ans par le DG d’Ethiopian des entrées à son capital de compagnies chinoises, alors que l’Empire du Milieu est le marché le plus important du transporteur éthiopien, en dehors du continent africain.

« Le fait que la compagnie a dégagé des revenus, – ce qui n’est pas négligeable en cette période -, a peut-être fait reculer le gouvernement », commente un analyste à Addis-Abeba.

L’attrait d’investisseurs étrangers aurait pourtant permis, outre le soutien des ambitions d’Ethiopian, un apport de devises étrangères au pays plutôt bienvenu. Mais la crise sans précédent que connaît le transport aérien, et la relative bonne résistance d’Ethiopian, ont semble-t-il remisé ces plans à des jours meilleurs.

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