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Qui est Nawaf al-Ahmad al-Sabah, le nouvel émir du Koweït ?

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Nawaf al-Ahmad al-Sabah le jour de sa prestation de serment à l'Assemblée nationale, le 30 septembre 2020.

Nawaf al-Ahmad al-Sabah le jour de sa prestation de serment à l'Assemblée nationale, le 30 septembre 2020. © Jaber Abdulkhaleg/AP/SIPA

Le nouvel émir du Koweït n’a pas le charisme de son prédécesseur, mais il espère continuer à faire de son pays une force modératrice dans la région.

  • En retrait

Nawaf Al-Sabah est devenu l’émir du Koweït le 29 septembre, à la mort de son demi-frère, Sabah al-Sabah, qui a dominé la vie politique du pays des décennies durant. Selon les observateurs de la petite pétromonarchie, le nouvel émir ne devrait pas s’impliquer aussi directement que son prédécesseur dans la conduite des affaires de l’État.

  • Sans prétention

Le nouvel émir est décrit comme un homme modeste et réservé. Une vidéo le montrant à la sortie d’une mosquée sans gardes du corps, et se déplaçant à bord d’une voiture sans prétention, a fait le tour des réseaux sociaux.

  • Plusieurs fois ministre

Avant son intronisation, il a exercé plusieurs fonctions gouvernementales. Il était notamment ministre de la Défense en 1990, au moment de l’invasion du Koweït par Saddam Hussein. Il a également été ministre de l’Intérieur et vice-commandant de la Garde nationale. Il a été désigné prince héritier en 2006.

  • Difficile à cerner

Il est le premier émir à n’avoir jamais été Premier ministre. Ses orientations et sa méthode de gouvernance restent donc un mystère, alors que son prédécesseur était connu pour son panarabisme et ses talents de médiateur.

Il a déjà nommé son demi-frère, le cheikh Mishal Al-Sabah, 81 ans, prince héritier

  • Rapide

Le nouvel émir a déjà battu un record : celui de la désignation la plus rapide d’un prince héritier. Il a nommé son demi-frère, le cheikh Mishal Al-Sabah, après seulement huit jours sur le trône. Il avait pourtant un an pour le faire. Une façon de couper court aux intrigues d’une famille royale divisée.

Le cheikh Mishal a été vice-commandant de la Garde nationale et ministre de l’Intérieur. Selon Cinzia Bianco, spécialiste du Golfe au sein du Conseil européen pour les relations internationales, il aurait des relations compliquées avec les Frères musulmans. Et serait assez proche de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

  • Octogénaires

Le choix du cheikh Mishal, 81 ans, par l’émir, lui-même âgé de 83 ans, trahit la difficulté du Koweït à passer le flambeau à la nouvelle génération, alors que plusieurs pays de la région ont vu leur leadership rajeunir ces dernières années.

  • Toujours indépendant ?

L’émir aura la lourde tâche de perpétuer l’héritage du cheikh Sabah qui, dans un environnement régional instable, a su maintenir un équilibre et une diplomatie indépendante. Beaucoup estiment que le Koweït continuera d’être une force régionale modératrice, l’opinion publique koweïtienne étant favorable à ce positionnement.

  • Défis économiques et politiques

L’émir devra faire face à la chute des prix du pétrole et à la pandémie, qui ont aggravé les problèmes budgétaires du pays. Il y a quelques semaines, l’agence Moody’s a même dégradé la note du Koweït. Du jamais vu.

Autre écueil, il arrive au pouvoir alors que les tensions entre le gouvernement, le Parlement et la société sont vives. En novembre 2019, le gouvernement avait dû démissionner à cause d’allégations concernant des fonds publics manquants, tandis que des centaines de Koweïtiens s’étaient rassemblés devant le Parlement pour dénoncer la corruption. Des élections législatives auront lieu en novembre 2020.

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