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Jean-David Bilé : rien ne sert de courir

Par - P.S.
Mis à jour le 10 août 2007 à 12:53

Après avoir tenté à deux reprises de confier la direction de la société d’électricité à des expatriés, le groupe américain AES a fait confiance à ses cadres locaux. Ce sont eux qui ont modernisé la cinquième entreprise du pays.

Diplômé de l’École centrale de Paris en 1975, Jean-David Bilé entre aussitôt à la Société nationale d’électricité (Sonel) du Cameroun, dans le service des études économiques. En parallèle, il se lance dans de nouvelles études, histoire d’ajouter à son diplôme d’ingénieur un doctorat en économie publique, planification et développement. En 1979, il rejoint le service du contrôle de gestion, dont il prend la direction en 1982. « Un excellent poste d’observation pour tout connaître de l’entreprise et de son environnement », explique-t-il. À ce titre, il participe au processus de privatisation. Quand elle intervient, en juillet 2001, Jean-David Bilé devient l’interface entre l’État et la nouvelle équipe dirigeante. C’est dans ces circonstances qu’émergent ses compétences techniques et humaines – et sa probité – tant auprès des pouvoirs publics que des Américains d’AES. Début 2004, il est nommé directeur général, en charge de sortir AES Sonel de l’impasse.
Ses collaborateurs apprécient sa puissance de travail et sa disponibilité. « Il arrive très tôt tous les matins et part très tard le soir », dit l’un. « Sa porte est toujours ouverte, ce qui tranche avec bon nombre d’entreprises camerounaises, explique un autre, alors qu’il est très sollicité, notamment par des conférences téléphoniques avec les États-Unis presque tous les après-midi. » Âgé de 60 ans cette année, réputé calme en toutes circonstances, le directeur général d’AES Sonel incarne aussi le changement qu’il a impulsé à l’entreprise : il se comporte en manager, à l’américaine Et retourne au village dès que son travail lui en laisse le temps.