Politique

La Libye et le Mali au centre de la visite de Jean-Yves Le Drian à Alger

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Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son homologue algérien Sabri Boukadoum.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son homologue algérien Sabri Boukadoum. © Billal Bensalem/NurPhoto/AFP

Le ministre français des Affaires étrangères se rend ce jeudi en Algérie. Au menu des discussions : les crises au Mali et en Libye.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian se rend ce jeudi 15 octobre à Alger. Il s’agit de sa troisième visite dans la capitale algérienne en moins d’un an, après deux voyages en janvier et en mars 2020, durant lesquels il avait rencontré son homologue Sabri Boukadoum, le Premier ministre Abdelaziz Djerad et le président Abdelmadjid Tebboune.

Si les détails de son séjour algérois n’ont pas filtré, le ministre français devrait aborder avec ses partenaires algériens plusieurs dossiers régionaux particulièrement chauds. La situation au Mali devrait ainsi être au cœur des discussions, Alger s’inquiétant de l’instabilité chronique de son voisin du Sud, en particulier depuis la remise en liberté de 204 jihadistes qui ont pu regagner le Nord du pays en échange de la libération des otages Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin.

Points de convergence

Alors que toute intervention de l’armée algérienne hors du pays est en principe exclue, les problèmes d’insécurité au niveau de sa frontière avec le Mali pourrait pousser l’Algérie à intervenir directement. Alors que la révision constitutionnelle fera l’objet d’un référendum le 1er novembre, la nouvelle mouture du texte prévoit de donner le droit au président – chef suprême des forces armées et ministre de la Défense – d’engager des troupes, avec l’accord des deux tiers du Parlement. La France compte, elle, plus de 5 000 hommes présents au Sahel, et notamment au Mali, pour combattre les jihadistes.

La France œuvre à l’organisation d’une réunion sur la Libye réunissant tous les pays limitrophes

Nul doute que la crise libyenne sera également au menu des discussions. Sur ce dossier, Paris et Alger ont trouvé quelques points de convergence ces derniers mois. La France œuvre ainsi à l’organisation d’une réunion sur la Libye réunissant tous les pays limitrophes, ce qui exclurait de fait le Maroc, qui a repris du poids dans le dossier libyen à la faveur des réunions de Bouznika.

La France, accusée d’avoir soutenu Khalifa Haftar, se trouve quelque peu marginalisée dans les négociations depuis le revers subi par le maréchal cet été. L’Algérie a de son côté eu des velléités de peser davantage sur la médiation, en proposant l’ex-ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra en remplacement de l’émissaire de l’ONU en Libye Ghassan Salamé, qui a démissionné en mars. La proposition aurait reçu l’appui du président français Emmanuel Macron, qui entretient de bonnes relations avec l’ancien ministre algérien. Une ambition finalement déçue, notamment du fait du lobbying marocain et émirati à Washington.

Une réunion inter-libyenne doit avoir lieu le 26 octobre à Tunis, où le président Kaïs Saïed a reçu le ministre des Affaires étrangère algérien Sabri Boukadoum fin septembre. La rencontre avait porté en particulier sur la Libye, dossier pour lequel ont été « enregistrés une convergence de vues autour du rôle des deux pays ». De son côté, Jean-Yves Le Drian se rendra en Tunisie le 21 octobre. Alger et Paris pourraient ainsi trouver dans la réunion de Tunis l’occasion de revenir dans le jeu libyen.

Solder les « questions mémorielles »

Sur le plan bilatéral, la France et l’Algérie veulent, depuis l’élection d’Abdelmadjid Tebboune, œuvrer à solder les « questions mémorielles » héritées de la Guerre d’Algérie. Dans ce cadre, le président français Emmanuel Macron a confié à l’historien Benjamin Stora une mission sur « la mémoire de la colonisation et de la Guerre d’Algérie ». Côté algérien, c’est Abdelmadjid Chikhi qui a été désigné pour rétablir la vérité sur la période coloniale.

Le nouvel ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, a par ailleurs pris ses fonctions début octobre. Un changement bien accueilli à Alger, où la personnalité du diplomate sortant Xavier Driencourt, déjà ambassadeur en Algérie entre 2008 et 2012, était devenu un objet de crispation entre les deux capitales.

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