Coulisses

Ouattara-Bédié : dans les coulisses des médiations

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 16 octobre 2020 à 17h51
Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, en novembre 2010 à Abidjan.

Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, en novembre 2010 à Abidjan. © SIA KAMBOU/AFP

Si le patron du PDCI a déclaré le 15 octobre qu’il n’était pas concerné par le processus électoral, il laisse la porte ouverte aux discussions avec le chef de l’État ivoirien.

Henri Konan Bédié (HKB) s’est rendu pour deux jours à Accra le 12 octobre à bord d’un avion de la République du Ghana. Il était accompagné de proches, parmi lesquels Jean-Marie Kacou-Gervais. Cet ancien ambassadeur de la Côte d’Ivoire en France fut le ministre des Affaires étrangères de Laurent Gbagbo (de mars à décembre 2010), puis d’Alassane Ouattara (ADO).

À sa demande, l’ancien président ivoirien a été reçu par le roi des Ashantis, Otumfuo Nana Osei Tutu II, et le chef de l’État ghanéen, Nana Akufo-Addo. Président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), ce dernier tente de jouer les médiateurs entre Bédié et Alassane Ouattara. Des émissaires du chef de l’État ivoirien étaient d’ailleurs présents au même moment dans la capitale ghanéenne.

Calmer le jeu

Selon nos informations, l’intervention de Nana Akufo-Addo a permis un contact téléphonique direct entre ADO et HKB. Le premier depuis de longs mois. Les 7 et 8 octobre, Bédié avait échangé avec plusieurs présidents de la sous-région, notamment Macky Sall, Mahamadou Issoufou et Faure Gnassingbé, qui l’avaient invité à calmer le jeu. Le patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) s’était montré réceptif, mais il avait affirmé avoir tenté de joindre Ouattara à plusieurs reprises, en vain.

Le 11 octobre, le « sphinx de Daoukro » a dépêché à New York Youssouf Bamba, secrétaire exécutif du PDCI chargé des relations extérieures et ancien ambassadeur de Côte d’Ivoire à l’ONU, afin de remettre un message à António Guterres.

Pas (encore) de compromis

La veille, lors du meeting de l’opposition, il avait déjà demandé au secrétaire général des Nations unies de « se saisir du dossier ivoirien pour la mise en place d’un organe électoral indépendant crédible avant l’élection présidentielle ».

Alors que la campagne pour la présidentielle s’ouvre ce 15 octobre, l’intervention ghanéenne n’est pas parvenue, pour le moment, à favoriser un compromis entre Bédié et Ouattara. Le premier est favorable à un report de l’élection, tandis que le second, inflexible, y reste opposé. ADO est cependant prêt à former un gouvernement d’ouverture après l’échéance et à réformer la Commission électorale indépendante (CEI) dans l’optique des élections législatives, qui doivent se tenir dans les six mois qui suivent.

Enfin, une visite de chefs d’Etat ouest-africains à Abidjan dans les prochains jours, dont Nana Akufo-Addo, n’était pas à exclure. Mais Alassane Ouattara a déclaré à Bouaké le 16 octobre qu’il a ces mêmes chefs d’Etat « tous les jours au téléphone ». « Personne ne vient ici pour négocier quoi que ce soit », a-t-il ajouté.

 

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