Télécoms

En Guinée, un internet difficile d’accès à quelques jours de la présidentielle

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Mis à jour le 15 octobre 2020 à 08h56
atterrissage des câbles ACE à Dakar pour permettre à la Guinée – notamment -d’accéder au réseau.

atterrissage des câbles ACE à Dakar pour permettre à la Guinée - notamment -d'accéder au réseau. © Edjeket, Wikimedia Commons

Des travaux sur l’unique câble internet sous-marin reliant le pays au reste du monde perturbent le réseau depuis le 11 octobre.

« En raison de travaux sur le câble ACE, des perturbations pourraient être enregistrées sur le réseau du 10 au 15 octobre, de 0 h à 12 h. Orange s’excuse des désagréments ». Le 10 octobre, aux alentours de 18 heures en Guinée, les plus de 7,5 millions d’abonnés au premier opérateur de télécommunications du pays ont reçu ce SMS de service anticipant des problèmes de connexion à l’internet mobile.

De fait, dès le week-end et jusqu’au jeudi 15 octobre, des perturbations ont été constatées sur les connexions mobiles par plusieurs de nos sources alors même qu’Orange a annoncé le 12 octobre avoir lancé ses offres 4G+ dans les principales villes du pays.

Une intervention au large d’Abidjan

Contacté par Jeune Afrique, un porte-parole du groupe de télécommunications français, copropriétaire avec une dizaine d’autres opérateurs du câble de fibre optique international Africa Coast to Europe (ACE) confirme que « le consortium ACE réalise des travaux sur sa section entre la Guinée et la Côte d’Ivoire depuis dimanche et jusqu’au 15 octobre. Le lien entre les deux pays est coupé mais cela n’impacte pas le service internet en Guinée, compte tenu de la sécurisation du trafic, qui passe par d’autres chemins pendant la coupure », ajoute-t-il sans indiquer quel itinéraire de déviation a été choisi.

De son côté, Antigou Cherif, directeur général de l’entreprise guinéenne d’infrastructure de télécoms, Guilab qui gère la station d’atterrissement locale du câble ACE, confirme lui aussi que des travaux sont en cours sur « les segments terrestres 2 et 3 du réseau ACE au niveau de la station d’Abidjan ».

D’autres pays touchés

Unique câble connectant l’internet guinéen au reste du monde, l’ACE, long de 17 000 kilomètres, relie depuis sa mise en service en décembre 2012, 22 pays de la côte occidentale. C’est pourquoi au Gabon, l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (Aninf) s’est elle aussi fendue d’un communiqué publié dès le 9 octobre prévenant des perturbations potentielles dues aux travaux à venir sur ACE.

« Ce n’est pas seulement la station de la Guilab qui est impactée par ces travaux, mais aussi celles d’Abidjan, d’Accra, Monrovia, etc… », confirme le dirigeant de Guilab précisant que les travaux en cours concernent des interventions de restauration de « boîtes de jointures », une opération de réparation effectuée précédemment sur le câble.

Pas de communication entre consortiums et États

À quelques jours de l’élection présidentielle devant se tenir dimanche 18 octobre, cette intervention qui freine l’accès à l’information des Guinéens met à nouveau en évidence le manque de communication existant entre les pouvoirs publics et les consortiums propriétaire des câbles. Lorsqu’ils interviennent pour des réparations, ces derniers ne sont effectivement pas formellement tenus d’en informer les gouvernements potentiellement touchés par des coupures temporaires.

Ces situations touchent plus ou moins gravement le trafic internet des États, selon qu’ils soient connectés à une seule infrastructures internationales – c’est le cas de la Guinée – ou à plusieurs – 5 câbles internationaux atterrissent en Côte d’Ivoire, rendant le réseau plus résilient.

En mars, déjà, une interruption du trafic pour cause de travaux sur ACE pendant un week-end de double scrutin en Guinée avait été repoussée in extremis. Le report de l’intervention n’avait en revanche pas évité que des coupures injustifiées ne soient constatées et que les réseaux sociaux soient rendus inaccessibles du 21 mars à 20 heures au 23 mars à 8 heures comme l’avait alors indiqué l’ONG Netblocks, spécialisée dans la surveillance de la qualité des connexions dans le monde.

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