Santé

Madagascar multiplie les initiatives contre la malnutrition

| Par Jeune Afrique
Le président malgache Andry Rajoelina, le 5 avril 2020.

Le président malgache Andry Rajoelina, le 5 avril 2020. © Twitter de la Présidence de Madagascar

Adossée au développement de l’agrobusiness, la lutte contre la malnutrition, qui affecte 55,8% de la population malgache selon le FAO, a été érigée parmi les priorités d’Andry Rajoelina.

En décernant à Andry Rajoelina le titre de « champion du combat contre la malnutrition » en février dernier lors du 33e sommet de l’Union Africaine, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, avait certes valorisé les initiatives prises par le président malgache jusque-là, mais il l’avait surtout aiguillonné pour la suite.

Auréolé de ce titre, le chef de l’État se sait attendu au tournant et doit plus que jamais faire ses preuves pour permettre au pays d’éradiquer ce fléau. En février dernier, dans le cadre de l’amélioration de la qualité nutritionnelle, de l’accès à l’eau potable ainsi que du projet de fabrication de compléments alimentaires, la présidence avait listé ses engagements prioritaires.

À l’époque, avaient notamment été annoncées de façon elliptique « la création de structures nationales, régionales et locales pour soutenir les politiques dédiées à l’amélioration de la nutrition et des habitudes alimentaires », « l’accroissement de la production alimentaire » ou encore « l’implantation d’usines du nord au sud du pays pour la transformation du moringa et de la spiruline en compléments alimentaires à distribuer dans les écoles, surtout dans le Sud ».

Au chevet des régions du Sud

Sept mois plus tard, le président malgache a fait un grand pas en ce sens. En tournée dans le sud du pays, Andry Rajoelina a inauguré le 5 octobre la chambre de l’agriculture de la région Androy, une plateforme d’échanges regroupant les coopératives familiales d’agriculteurs, qui permettra de « renforcer les coopératives d’agriculteurs et d’améliorer la qualité de nos productions agricoles », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Deux jours plus tôt, il s’était rendu dans les communes d’Ifotaka, de Behara, d’Ebelo ainsi que dans le district de Tsihombe afin d’évaluer la mission de prise en charge initiée il y a quelques mois par le ministère de la santé publique, permettant aux enfants et aux adultes présentant des symptômes de malnutrition sévère de bénéficier de traitements nutritionnels. À cette occasion, des vivres et des compléments alimentaires ont été distribués aux enfants, en collaboration avec le Programme alimentaire mondial (PAM).

Au-delà des aides d’urgence, Andry Rajoelina a annoncé l’installation de pipelines et de systèmes de forages pour acheminer de l’eau potable dans les localités victimes de la sècheresse, ainsi que la mise en place de quatre centres de réhabilitation nutritionnelle intensive et médicale dans les quatre districts du Sud (Amboasary Sud, Tsihombe, Ambovombe et Beloha Androy). Ils seront notamment chargés de distribuer des compléments alimentaires à base de moringa et de spiruline, et de prodiguer des traitements aux victimes de la malnutrition.

Production de solutions nutritives

Même démarche dans le district de Tsihombe (région Androy), où l’État prolonge son appui aux familles les plus démunies via la distribution de Vatsy Tsinjo (kit de première nécessité comprenant essentiellement de la tisane CVO, un sac de riz de 50 kg, du sucre, de l’huile pour la cuisson, des légumineuses et du lait concentré en boîte) à plus de 500 foyers vulnérables. L’occasion aussi d’annoncer que le centre de réhabilitation nutritionnelle et intensive local sera établi dans l’établissement géré par les religieuses Filles de la Charité.

Ces initiatives interviennent moins d’un mois après la signature de l’accord de partenariat entre Nutriset, la Fondation Mérieux et le gouvernement malagasy, préalable à la mise en place d’une usine de production de solutions nutritives contre la malnutrition dans le sud du pays, qui sera implantée à Fort Dauphin, chef-lieu de la région d’Anosy. Alors qu’un tiers des enfants de la région sont en situation de retard de croissance et que 10% de la population infantile est en situation de malnutrition aigüe, elle ambitionne de produire et distribuer chaque année 600 tonnes de solutions nutritives.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte