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Politique

Régionales au Cameroun : les pro-Biya se disputent la présidence du Centre

Réservé aux abonnés | | Par - à Yaoundé
Mis à jour le 12 octobre 2020 à 11h59
Un électeur camerounais s’encre le doigt dans un bureau de vote à Yaoundé, le 9 février 2020.

Un électeur camerounais s'encre le doigt dans un bureau de vote à Yaoundé, le 9 février 2020. © (200210) -- YAOUNDE, Feb. 10, 2020 (Xinhua) -- A voter get his finger inked at a polling station in Yaounde, Cameroon, Feb. 9, 2020. Polling at Cameroon legislative and municipal elections ended at 6 p.m. local time (1700 GMT) on Sunday, with authorities expressing satisfaction with the conduct of the polls, despite threats from armed separatists in the country's restive English-speaking regions. © Jean Pierre Kepseu/Xinhua/REA

Si la victoire du parti de Paul Biya semble assurée dans le Centre, deux inconnues demeurent : le nombre de sièges que le RDPC concèdera à l’opposition et, surtout, le nom de celui qui prendra la tête de la région où siègent les institutions nationales. 

La région du Centre n’a pas échappé aux batailles fratricides qui ont rythmé les investitures pour les élections régionales du 6 décembre prochain au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).

Mbarga Mboa jette l’éponge

Principales victimes de ces joutes politiques : l’ancien ministre de l’Éducation, Charles Etoundi, l’ancien gouverneur de la province du Sud-Ouest, Eyeya Zanga Louis, ou encore le ministre chargé de mission à la présidence de la République, Philippe Mbarga Mboa.

Ce dernier, qui manœuvrait dès fin juillet pour s’attacher les faveurs des élites et chefs traditionnels du Mfoundi, un département qui couvre notamment la moitié sud de Yaoundé (dont Philippe Mbarga Mboa est originaire) était présenté comme le favori par de nombreux observateurs. Mais il a finalement subi l’impitoyable tamis du comité central du RDPC.

Raison invoquée par le parti, le respect de la circulaire signée de la main de Paul Biya, en sa qualité de président national du RDPC, qui prescrivait d’écarter les candidatures de « militants exerçant les fonctions ou mandats de membre du gouvernement et assimilé, président de chambre consulaire, sénateur, député, conseiller municipal », et de privilégier « l’émergence de nouvelles figures ».

Objectif affiché : participer à « l’élargissement de la base de soutien au RDPC ». Avisé, Mbarga Mboa a jeté l’éponge quelques heures seulement avant l’ouverture des candidatures.

Gilbert Tsimi Evouna nouveau favori

MABOUP

Gilbert Tsimi Evouna, alias « Jack Bauer », sera bien candidat aux régionales. Ici à Yaoundé en janvier 2020. © MABOUP

A contrario, son adversaire direct, Gilbert Tsimi Evouna, sera bel et bien de la partie. La candidature de celui qui, du temps où il dirigeait d’une main de fer la capitale camerounaise, a acquis le surnom de « Jack Bauer », a été confirmée le 2 octobre par l’Elecam, l’organe chargé des élections.

L’ancien délégué du gouvernement de Yaoundé avait pourtant essuyé de vives critiques de la part de ses adversaires. Une frange de l’élite politique du Mfoundi lui reproche notamment d’avoir « un caractère trop trempé » et d’être « peu coopératif ». Certains de ses contempteurs n’ont pas hésité à mettre en doute ses origines ewondo, l’ethnie majoritaire du Mfoundi.

Gilbert Tsimi Evouna, 76 ans, jouit cependant d’une stature politique considérable. Son expérience dans la gestion des collectivités territoriales, acquise au cours des quinze années qu’il a passées à la tête de la communauté urbaine de Yaoundé, de 2005 à 2020, tout comme ses réseaux au sein du comité central du RDPC, dont il est trésorier, font de lui le nouveau favori pour la présidence du tout premier conseil régional du Centre.

Jules Marcellin Ndjaga en embuscade

L’ancien gouverneur de la région du Sud, 64 ans – soit douze ans de moins qu’Evouna –, pourrait profiter de la volonté de « rajeunissement » de la classe politique affichée par le RDPC

L’ancien gouverneur de la région du Sud, 64 ans – soit douze ans de moins qu’Evouna –, pourrait profiter de la volonté de « rajeunissement » de la classe politique affichée par le RDPC © MABOUP

Il devra cependant faire face à un adversaire de taille en la personne de Jules Marcellin Ndjaga. L’ancien gouverneur de la région du Sud, 64 ans – soit douze ans de moins qu’Evouna –, pourrait profiter de la volonté de « rajeunissement » de la classe politique affichée par le RDPC depuis la réélection en octobre 2018 de Paul Biya (87 ans actuellement) à un septième mandat présidentiel.

Fonctionnaire de carrière rompu à la gestion administrative et au commandement territorial, Jules Marcellin Ndjaga espère bien décrocher la présidence de la région. Ce natif de Monatélé, dans le département de la Lekié, au nord de Yaoundé, se présente comme le candidat de la diversité. « La région du Centre compte dix départements. Le Mfoundi dirige déjà notre capitale régionale, Yaoundé, à travers Luc Messi Atangana, le maire de la ville. Il faut donner la tête de la région à un autre département », souffle l’un des proches de Ndjaga.

Le RDPC devrait remporter au moins les trois quarts des 90 sièges de conseillers régionaux. Certes, dans le département du Nyong-et-Kéllé, les votes devraient vraisemblablement basculer en faveur du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), de Cabral Libii, qui y dirige cinq des dix communes. Mais cela ne devrait pas changer grand-chose aux plans du RDPC, qui disposera d’une écrasante majorité au sein du conseil régional.

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