Diplomatie

RDC : Félix Thisekedi à Goma dans un contexte politique et sécuritaire tendu

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 06 octobre 2020 à 12h55
Félix Tshisekedi à son arrivée à Goma, le 5 octobre 2020.

Félix Tshisekedi à son arrivée à Goma, le 5 octobre 2020. © DR / Présidence RDC

Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, est arrivé lundi à Goma dans un contexte sécuritaire très tendu. Cette visite du chef de l’État intervient en amont d’une réunion prévue mercredi avec ses homologues ougandais, rwandais et burundais sur la situation sécuritaire dans l’Est.

En avril 2019, Félix Tshisekedi avait été accueilli par les vivats de la foule. Investi trois mois auparavant, le président congolais avait alors mis un point d’honneur à ce que sa première visite à l’intérieur du pays se fasse dans l’Est, meurtri par les conflits. Il avait alors réitéré sa promesse : atteindre « la pacification de tout le territoire national en accélérant la lutte en vue de l’éradication des groupes armés ».

Ce lundi, à sa descente d’avion, l’accueil était moins univoque. Si des milliers de ses partisans étaient bien là pour l’accueillir – mêlant des partisans de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, son parti) et du Front commun pour le Congo (FCC, de Joseph Kabila) –, le président a cependant dû également faire face aux huées d’une poignée de manifestants scandant que la RDC était « indivisible ». Une allusion à la polémique qui enflamme la province voisine du Sud-Kivu.

La polémique autour de Minembwe

La semaine dernière, une délégation officielle a élevé au rang de commune rurale la localité de Minembwe, située sur les hauts plateaux du territoire de Fizi. Or le maire de Minembwe et la majorité de ses habitants sont des Congolais tutsi rwandophones, dont les milices sont en conflit avec des groupes armés d’autres communautés.

Dans ce contexte, cette décision administrative a réveillé dans l’esprit de nombreux Congolais le spectre d’une « balkanisation » de l’Est de la RDC au profit de ses voisins, et en particulier du Rwanda. « Je demande aux Congolais de s’opposer à l’instauration de Minembwe en commune rurale. Cette initiative téméraire est une sérieuse menace pour l’intégrité territoriale de la RDC. J’invite le peuple congolais à la vigilance, de manière à faire échec à ce plan de balkanisation du pays », a notamment tweeté l’opposant et ex-candidat à la présidentielle Martin Fayulu.

Dans le Sud-Kivu, l’évêque d’Uvira, Sébastien Muyengo, a lui aussi regretté cette décision qui, « loin d’être de nature à faciliter la véritable paix dans les hauts plateaux, suscite au contraire beaucoup d’animosité ».

La question sécuritaire prioritaire

La visite de Félix Tshisekedi intervient en outre dans un contexte sécuritaire plus que tendu. Au moins huit personnes ont encore été tuées lundi matin à Mamove dans le territoire de Beni, à 350 km au nord de Goma, a indiqué l’administrateur du territoire, Donat Kibwana. Il a attribué la tuerie au groupe armé ADF, responsable présumé de la mort de centaines de civils depuis un an.

L’attaque a été confirmée par les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), qui n’ont cependant pas donné de bilan.

Dès son arrivée, le président Tshisekedi a échangé avec les gouverneurs du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema sur les questions sécuritaires, priorité affichée de sa visite. Il devait par ailleurs rencontrer des représentants de la société civile et les principaux responsables sécuritaires des deux provinces.

Autant de rencontres organisées en amont d’une réunion par visioconférence qui doit réunir ce mercredi le président congolais et ses homologues des pays voisins : l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi.

Cette quadripartite, plusieurs fois repoussée, les équipes de Tshisekedi y travaillent depuis plusieurs semaines. Initialement prévue en septembre, elle avait été retardée car plusieurs pays avaient posé des conditions à leur participation, en particulier le Burundi, dont le nouveau président, Évariste Ndayishimiye, qui a reçu lundi la ministre congolaise des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, ne devrait finalement pas participer à la réunion de ce mercredi.

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