Politique

Pourquoi la crise au Mali inquiète les autorités algériennes

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Sabri Boukadoum, le ministre algérien des Affaires étrangères, le 29 février 2020 à Alger.

Sabri Boukadoum, le ministre algérien des Affaires étrangères, le 29 février 2020 à Alger. © Ramzi Boudina/REUTERS

L’instabilité chronique de son voisin du Sud commence à lasser Alger. Qui pourrait décider de prendre les choses en main.

L’annonce de la remise en liberté le 4 octobre de dizaines (plus d’une centaine selon l’AFP) de terroristes qui purgeaient des peines de prison à Bamako afin de faciliter la libération du leader de l’opposition Soumaïla Cissé et de l’otage Sophie Pétronin, inquiète au plus haut point les autorités algériennes.

« Cette action non concertée des Maliens risque de déstabiliser encore plus le Nord du Mali, en proie à une véritable guerre entre les factions terroristes, les autorités et les forces de la coalition Barkhane et celles de la Minusma », estime un officiel algérien sous le sceau de l’anonymat. Pour lui, cette libération était attendue au vu des négociations entamées depuis plus d’une année entre les groupes affiliés à Al-Qaïda et le précédent gouvernement malien.

Une question de gouvernance

L’accord de paix signé à Alger en 2015 n’a pas empêché la détérioration de la situation sécuritaire. Dans leurs rapports successifs, les experts de l’ONU n’ont eu de cesse de pointer les responsabilités de membres de groupes armés, mais aussi, plus récemment, d’officiers de l’armée malienne, accusés de faire obstruction au processus de paix. L’accord d’Alger a en outre de nombreux contempteurs au Mali, qui aimerait qu’il soit en partie refondu.
Dans ce contexte, à l’option du tout militaire face au jihadistes, Alger affirme préférer un règlement politique global inter-malien et considère que la situation sécuritaire est une conséquence et non une cause de l’instabilité.

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