Politique

Togo : qui est Victoire Tomegah Dogbe, la nouvelle Première ministre ?

Réservé aux abonnés | | Par - à Lomé
Mis à jour le 06 octobre 2020 à 08h52
Victoire Tomegah Dogbe à Lomé, en avril 2019.

Victoire Tomegah Dogbe à Lomé, en avril 2019. © Piment pour JA

Première femme à prendre la tête du gouvernement au Togo, Victoire Tomegah Dogbe a prononcé sa déclaration de politique générale, le 2 octobre. Retour sur le parcours de cette pionnière, qui détient déjà un record de longévité ministérielle.

  • Nomination attendue

Sa nomination intervient plus de sept mois après la dernière élection présidentielle, qui s’est tenue le 22 février et à l’issue de laquelle Faure Essozimna Gnassingbé a été réélu pour un quatrième mandat. Un délai justifié, selon les autorités togolaises, par la pandémie de Covid-19. Son prédécesseur n’était resté en fonction que pour expédier les affaires courantes et le nom de Victoire Tomegah Dogbe circulait en coulisses depuis plusieurs semaines.

La nouvelle Première ministre a déjà formé son gouvernement et prononcé son discours de politique générale, le 2 octobre.

  • Pionnière

En succédant au discret Komi Sélom Klassou, qui était en poste depuis cinq ans, Victoire Dogbe, 60 ans, devient la première femme à prendre la tête du gouvernement au Togo. Elle emboîte ainsi le pas à Rose Christiane Ossouka Raponda, nommée Première ministre du Gabon au mois de juillet.

Son gouvernement, dont elle a annoncé la composition au soir du 1er octobre, comprend par ailleurs onze femmes, parmi 33 membres. Marguerite Gnakadé se voit notamment confier le très stratégique ministère des Armées.

  • Sudiste

L’usage veut qu’au Togo, le poste de chef du gouvernement soit confié à une personnalité originaire du Sud du pays, le chef de l’État étant lui-même originaire du Nord. C’était le cas de Komi Sélom Klassou (natif de la ville de Notsé), et c’est celui de Victoire Dogbe, qui est née en 1959 à Badougbe, dans la région de Lomé.

  • Mentor

C’est Gilbert Fossoun Houngbo qui la propulse en politique. Ils se rencontrent au début des années 2000, alors qu’ils travaillent tous deux pour le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) – lui dirige le bureau Afrique et elle officie successivement au Togo, au Congo, au Burkina et au Bénin.

Nommé Premier ministre en 2008, Houngbo fait revenir Victoire Dogbe et la nomme ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée du Développement à la base. Dès 2009, elle devient en outre directrice de cabinet du président Faure Gnassingbé.

  • Place au sommet

Dans le monde très masculin de la politique, elle a rapidement su marquer son territoire et rares sont ceux qui se risquent à la critiquer publiquement. « C’est aussi une fine communicante », glisse-t-on dans les coulisses du pouvoir.

  • Geek

Très active sur les réseaux sociaux, elle anime personnellement sa page Facebook et son compte Twitter. Elle « reste attentive aux contenus publiés sur les comptes officiels de la présidence de la République, mais aussi du chef de l’État », assure un de ses collaborateurs. Elle avait d’ailleurs insisté pour que la communication numérique du candidat Faure Gnassingbé soit particulièrement soignée lors de la dernière présidentielle.

Lors de sa déclaration de politique générale, elle a dit vouloir placer le digital au cœur de son action.

  • Parti au pouvoir

Elle est membre du parti au pouvoir, Union pour la République (Unir), comme elle l’était auparavant du défunt Rassemblement du peuple togolais (RPT). Elle n’y exerce pas de fonction officielle et n’appartient pas au bureau politique du parti, mais « c’est une voix prépondérante dans la prise de certaines décisions », explique une source au sein d’Unir.

En 2013, elle a porté les couleurs de la majorité présidentielle lors des élections législatives, parvenant à se faire élire dans la circonscription de Vo, dont elle est originaire et qui était traditionnellement acquise à l’opposition. Elle a toutefois laissé le soin à son suppléant de siéger.

  • Longévité

Entrée au gouvernement en 2008, elle a conservé son poste pendant près de douze ans. Au point de détenir aujourd’hui le record de longévité ministérielle : outre Houngbo, elle a servi les Premiers ministres Arthème Ahoomey-Zunu et Komi Klassou.

Au fil des années, son portefeuille s’est étoffée, puisqu’elle a fini par être ministre du Développement à la Base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes.

  • Sous pression

Nommée en pleine pandémie de coronavirus, la nouvelle Première ministre est sous pression. Relancer le pays, aider les entreprises à ne pas sombrer… Elle est attendue sur plusieurs dossiers sensibles. Elle doit conduire le processus de révision du plan national de développement, devenu inévitable, et structurer l’économie du pays, alors que la Banque mondiale table sur une croissance de 1 % en 2020.

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