Sécurité

Mali : Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin libérés

| Par Jeune Afrique
Mis à jour le 09 octobre 2020 à 16h15
Soumaïla Cissé lors de la campagne présidentielle de 2018.

Soumaïla Cissé lors de la campagne présidentielle de 2018. © REUTERS/Luc Gnago

Soumaïla Cissé, le chef de l’opposition malienne enlevé en mars dernier, et Sophie Pétronin, l’humanitaire française kidnappée en 2016, ont été libérés par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) après un échange de prisonniers avec Bamako.

Soumaïla Cissé a été libéré, a annoncé la présidence malienne ce jeudi 8 octobre. Il est en train d’être acheminé vers Bamako. La Française Sophie Pétronin a elle aussi été libérée et est en train d’être transférée vers la capitale malienne.

Deux ex-otages de nationalité italienne ont également été libérés, ont précisé les services du Premier ministre Moctar Ouane dans un communiqué. Il s’agit de Nicola Chiacchio et du père Pier Luigi Maccali, qui avaient été enlevés en 2018 au Niger.

Le chef de file de l’opposition malienne avait été enlevé le 25 mars dernier alors qu’il faisait campagne pour les élections législatives dans son fief de Niafunké, dans la région de Tombouctou. Son garde du corps avait été tué lors de cette attaque. Les autres membres de son équipe avaient été relâchés quelques jours après leur kidnapping, mais les ravisseurs avaient posé des conditions à la remise en liberté de Soumaïla Cissé, 70 ans.

Soumaïla Cissé avait été enlevé par des proches du chef jihadiste Amadou Koufa, mais a par la suite été déplacé vers le nord du pays, où il a été retenu en otage par des hommes d’Iyad Ag Ghali, le chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Ce qui a compliqué les négociations qui avaient été entamées par les autorités maliennes.

Bamako négociait en parallèle la libération de Sophie Pétronin, humanitaire française âgée de 75 ans, enlevée en décembre 2016 à Gao.

Importantes contreparties

Le GSIM a obtenu d’importantes contreparties en échange de la libération de Soumaïla Cissé et de Sophie Pétronin. Selon des sources sécuritaires, près de 200 personnes arrêtées pour terrorisme ont été libérées depuis le week-end dernier. D’autres sources évoquent également le paiement d’une rançon, sans indiquer la provenance des fonds ni en préciser le montant.

Les autorités de la transition ne se sont pas encore exprimées sur les conditions de ces libérations et les contreparties faites aux jihadistes.

Elles ont été obtenues « grâce aux efforts conjugués des services de renseignement, des forces armées et de sécurité, des partenaires du Mali et de la cellule de crise », a précisé la primature malienne. « Les autorités de la transition expriment leurs vifs remerciements à tous les acteurs nationaux et étrangers qui, de près ou de loin, ont contribué à ce dénouement heureux ».

Le président français Emmanuel Macron a pour sa part exprimé « son immense soulagement » à l’annonce de la libération de Sophie Pétronin (75 ans), se disant « heureux de la savoir libre ». Il « salue également la libération à cette même occasion de Soumaïla Cissé ».

Le chef de l’État français « remercie tout particulièrement les autorités maliennes pour cette libération » et « les assure de l’entière volonté de la France de soutenir le Mali dans la lutte qu’il mène avec persévérance contre le terrorisme au Sahel ».

L’enlèvement de Soumaïla Cissé avait suscité émotion et consternation au Mali et au-delà. Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), alors président, avait mis en place un comité chargé de sa libération, dirigé par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga.

Peu d’informations avaient filtré, mais ce comité avait désigné un émissaire et était resté actif après la démission d’IBK, le 18 août dernier, et l’arrivée des militaires au pouvoir. Mi-août, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a fait parvenir une lettre de Soumaïla Cissé à sa famille, qui a longtemps réclamé des preuves de vie.

La cellule de crise mise en place par l’Union pour la république et la démocratie (URD), le parti de Soumaïla Cissé, a également été très active. Elle a mené des campagnes de sensibilisation et fait du lobbying à l’international, notamment en France, afin d’attirer l’attention sur sa situation. Début septembre, des rumeurs persistantes faisaient déjà état d’une libération imminente.

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