Économie

France-Kenya : l’opération séduction de Kenyatta sur fond de candidature à l’OMC

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Rencontre entre Emmanuel Macron et Uhuru Kenyatta, à Paris, le 1er octobre 2020.

Rencontre entre Emmanuel Macron et Uhuru Kenyatta, à Paris, le 1er octobre 2020. © Gonzalo Fuentes/AP/SIPA

En visite officielle de cinq jours en France, le président kényan n’a pas manqué d’encourager les investissements français dans son pays tout en défendant la candidature de sa compatriote Amina Mohamed à la tête de l’OMC.

C’est par un vibrant plaidoyer en faveur d’un partenariat gagnant-gagnant avec les entreprises françaises que le président kenyan, Uhuru Kenyatta, s’est adressé dans les salons du Cercle Interallié, ce 2 octobre, aux dirigeants français réunis par le Medef. « Il y a dix ans, encore très peu d’entreprises françaises étaient présentes au Kenya. Elles sont plus d’une centaine aujourd’hui« , a souligné le chef de l’État, en visite officielle de cinq jours en France.

« Vous avez déjà suffisamment de routes en France ! La crise sanitaire est un terrain d’opportunités pour vos entreprises », a-t-il défendu devant un aréopage composé notamment de Momar Nguer, ancien patron de la branche marketing et services de Total, Franck Riester, ministre français du Commerce extérieur ou encore de son compatriote James Mwangi, président d’Equity Bank. Ce dernier avait signé, quelques minutes auparavant, avec Rémy Rioux, le directeur général de l’Agence française de développement (AFD), une convention de prêt de 100 millions de dollars en faveur des PME.

Un contrat de concession autoroutière à 1,6 milliard d’euros pour Vinci

Alors que le pays connaît une importante croissance démographique, ce sont de nombreux contrats dans les domaines des infrastructures et de l’énergie qui ont été finalisés, un an et demi après la visite du président français Emmanuel Macron à Nairobi. Montant total : 2,15 milliards d’euros. C’est ainsi qu’a été signé, le 1er octobre, ce qui est décrit comme le plus important contrat de partenariat public-privé d’Afrique de l’est avec Vinci et le fonds Meridiam (1,6 milliard d’euros). Il concerne la concession de trente ans de l’autoroute Nairobi-Mau, qui reliera le port de Mombasa à la région des Grands-Lacs.

« Nous avons commencé la levée de fonds. Nous nous y préparions de longue date. Le Covid-19 a un peu retardé les choses », a expliqué Thierry Déau, le patron du fonds Meridiam, à Jeune Afrique. Autres contrats paraphés : le prolongement de la ligne 4 du métro de Nairobi, où coopéreront Transdev, Egis, Vinci et Alstom, ainsi que le raccordement de la centrale électrique de Menengai, qui impliquera GE France.

Une position européenne pour choisir le futur patron de l’OMC ?

En marge de cette opération VRP pour le Kenya, Uhuru Kenyatta et sa délégation n’ont pas manqué de pousser leurs pions pour défendre la candidature d’Amina Mohamed afin de prendre la direction de l’OMC.  À l’issue du dîner de travail du 30 septembre à l’Élysée et de sa participation à un forum organisé par la Banque européenne d’investissement, en compagnie d’Emmanuel Macron, Kenyatta a évoqué le sujet, cherchant à décrocher le soutien de la France en faveur de sa compatriote.

« La délégation kényane a bien évidemment promu sa candidate. Mais c’est une question sur laquelle nous essayons de trouver un accord avec nos partenaires européens », a confié à Jeune Afrique un haut diplomate français.

Les noms des deux candidats retenus pour le duel final seront dévoilés le 6 octobre.

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