Politique

Guinée : pourquoi Alpha Condé a fermé les frontières avec trois de ses six voisins

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Le président guinéen Alpha Condé en 2016 à Conakry.

Le président guinéen Alpha Condé en 2016 à Conakry. © Vincent Fournier/JA

Le président guinéen a fermé, sans explication officielle, les frontières de son pays avec le Sénégal, la Guinée-Bissau et la Sierra Leone. En voici les raisons.

Lors de l’audience qu’il a accordée, le 1er octobre au Palais Sékhoutouréya, à une délégation conjointe de la Cedeao, de l’Union africaine et de l’ONU en visite à Conakry pour s’enquérir des conditions de la tenue de l’élection présidentielle du 18 octobre, le chef de l’État guinéen Alpha Condé s’est expliqué sur les raisons qui l’ont poussé à ordonner le 27 septembre la fermeture des frontières avec trois des six voisins du pays : le Sénégal, la Guinée-Bissau et la Sierra Leone.

Répondant à une question des ministres des Affaires étrangères burkinabè Alpha Barry et ghanéen Shirley Ayorkor Botchway, Alpha Condé a mis en avant des motifs d’ordre sécuritaire : selon ses informations, a-t-il avancé, le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló et le vice-président sierra-léonais Mohamed Juldeh Jalloh manœuvreraient pour introduire en Guinée des populations recrutées sur une base communautaire, afin de perturber les opérations électorales « avant, pendant et après le scrutin ».

Umaro Sissoco Embaló, qui a réitéré récemment à Jeune Afrique son soutien envers l’adversaire principal du président sortant, Cellou Dalein Diallo, s’en cacherait à peine. Quant au vice-président sierra-léonais, il agirait, selon Alpha Condé, à l’insu du chef de l’État Julius Maada Bio. 

Guinéens de l’étranger

Reste le cas du Sénégal, où réside la plus importante diaspora guinéenne, laquelle ne devrait pas pouvoir voter pour des raisons techniques officiellement, la présence des électeurs sur le fichier électoral devant être validée par un kit d’enrôlement, dispositif qui n’existe pour l’instant qu’en Guinée.

Même si le poids électoral des Guinéens de l’étranger est marginal (1 % des électeurs potentiels) et même si la diaspora située au Sénégal ne sera sans doute pas la seule à être exclue du scrutin (celles d’Europe et des Amériques pourraient également l’être pour des motifs liés à la pandémie de Covid-19), le fait que des ressortissants proches de l’opposition puissent être tentés de rentrer en Guinée pour prêter main forte aux partisans de Cellou Dalein Diallo inquiète manifestement les autorités de Conakry. Afin d’empêcher ce que son entourage qualifie d’ « infiltrations mal intentionnées », Alpha Condé dit avoir proposé au président Macky Sall la mise en place de patrouilles mixtes à la frontière commune entre leurs deux pays. Sans suite pour l’instant.

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