Banque de développement

Philippe Le Houérou : « Il faut faire plus de place au privé dans les télécoms africaines »

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Mis à jour le 05 octobre 2020 à 08h58
Philippe Le Houérou.

Philippe Le Houérou. © IFC

Le patron sortant de l’IFC, filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, appelle les États à maintenir les réformes pour améliorer le climat des affaires, malgré la crise du coronavirus.

Après presque cinq ans aux manettes du bras privé de la Banque mondiale, il part avec le sentiment du devoir accompli.

Nommé en novembre 2015 à la tête de l’International Finance Corporation (IFC), le Français Philippe Le Houérou a quitté ses fonctions le 30 septembre. Son départ, annoncé en juillet, a ouvert un processus de recrutement auquel participent l’Ivoirien Thierry Tanoh et la Camerounaise Vera Songwe, entre autres.

En attendant que l’heureux élu soit désigné, c’est l’actuelle directrice des opérations de l’IFC, Stéphanie von Friedeburg, qui assure l’intérim, pilotant une institution qui a investi en propre en 2019 quelque 8,9 milliards de dollars (plus 10,2 milliards mobilisés auprès d’autres investisseurs), dont 4 en Afrique subsaharienne.

Pour 2020, le compteur affiche (au 10 juillet), le montant de 11,2 milliards de dollars en propre auquel s’ajoutent 10,8 milliards de dollars via d’autres investisseurs. En mars, en réponse aux conséquences de la pandémie de coronavirus, l’IFC a annoncé une enveloppe de 8 milliards de dollars à destination des banques et des entreprises (3,9 milliards débloqués à la fin septembre).

À son arrivée à la tête de l’institution, Philippe Le Houérou a fait du continent africain une priorité et mis en place une nouvelle stratégie « upstream » : devant le déficit de projets « bancables », l’IFC a adopté une démarche proactive consistant à en créer elle-même – comme dans le domaine du solaire avec le programme Scaling Solar – tout en encourageant, dans chaque pays, les réformes favorisant l’essor du secteur privé.

Saluant le travail de l’IFC, le désormais ex-dirigeant appelle à maintenir les efforts à destination des entreprises pour sortir de la crise liée à la pandémie de coronavirus.

Jeune Afrique : Il y a de nombreux candidats pour vous succéder, notamment des personnalités issues du continent. Est-ce qu’un profil africain aurait votre préférence ?

Philippe Le Houérou : Je suis en dehors du processus de sélection et mon avis ne comptera pas dans le processus. Plus que la nationalité du candidat, c’est sa connaissance de l’Afrique qui compte car l’IFC a beaucoup développé son action sur le continent ces dernières années.

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