Politique économique

Amina Mohamed : « J’ai le profil qui convient pour diriger l’OMC »

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Mis à jour le 02 octobre 2020 à 18h36
Amina Mohamed

Amina Mohamed © OMC

Réformer l’OMC, relancer le système de règlement des litiges… La ministre kényane détaille les chantiers qui l’attendent si elle est élue à la tête de l’organisation.

Les deux finalistes pour l’élection au poste de secrétaire-général de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) seront connus le 6 octobre, mais pour les bookmakers anglais, il ne fait déjà aucun doute que le duel sera 100 % africain, entre la Kényane Amina Mohamed et la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala.

La seconde a beau avoir fait appel aux meilleurs cabinets anglais pour mener sa campagne, elle semble pour l’instant distancée dans la course par l’actuelle ministre à la Culture et aux Sports du Kenya, qui à 58 ans présente également un CV long comme le bras.

Diplomate de formation, passée par les bancs d’Oxford, Amina Mohamed a successivement détenu les portefeuilles des Affaires étrangères et de la Justice dans son pays, avant de représenter le Kenya au Conseil de sécurité de l’ONU puis d’occuper le poste de directrice exécutive adjointe du Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE).

Surtout, elle connaît très bien le fonctionnement de l’OMC pour en avoir dirigé les principaux organes, dont le Conseil général, en 2005. Défaite en 2013 par Roberto Azevedo, Amina Mohamed tente sa chance pour la deuxième fois, convaincue de faire la différence d’ici au 7 novembre, lorsque sera enfin dévoilé le nom du futur patron de l’OMC.

Jeune Afrique : Deux représentantes du continent sont en lice parmi les cinq derniers candidats au poste de secrétaire général de l’OMC. Elles font même figure de favorites. Peut-on considérer que la victoire de l’Afrique, annoncée par beaucoup d’observateurs, est acquise ?

Amina Mohamed : Je ne commencerais pas par spéculer sur les finalistes, car les cinq candidats sont tous très qualifiés, mais en effet l’Afrique a beaucoup à offrir à l’OMC. Tous les pays membres savent que l’organisation est à la croisée des chemins et qu’elle a besoin de quelqu’un de compétent et d’expérimenté, capable de se saisir des problèmes auxquels elle fait face et de les régler par la négociation.

Si, dans ce contexte, un candidat africain est élu, cela signifiera que le monde aura mesuré l’importance de la contribution que peut apporter notre continent dans sa bonne marche.

Pourquoi le prochain secrétaire général de l’organisation doit-il être africain ?

Je constate une certaine convergence de facteurs positifs pour l’Afrique, qui compte le plus important contingent de pays membres de l’organisation. C’est certainement le continent le plus dynamique aujourd’hui, avec un potentiel immense en matière de ressources naturelles, de population…

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