Politique

Ahmed Miitig : « Pour la première fois, Haftar a donné son accord au deal pétrolier »

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Mis à jour le 30 septembre 2020 à 18h02
Ahmed Miitig, le vice-président du Conseil présidentiel libyen

Ahmed Miitig, le vice-président du Conseil présidentiel libyen © Ahmet Izgi / Anadolu Agency / AFP

Numéro deux du Conseil présidentiel de Tripoli, Ahmed Miitig est un des principaux artisans de l’accord conclu avec les autorités de l’Est pour débloquer les sites pétroliers. Entretien.

Le vice-président du Conseil présidentiel Ahmed Miitig s’est illustré sur la scène libyenne et internationale en annonçant le 18 septembre avoir conclu un accord en vue de relancer la production pétrolière avec le fils du général Khalifa Haftar, Khaled Haftar, à Moscou. Selon l’intéressé, ce deal a été préparé en amont avec le ministre des Finances du gouvernement dissident de Benghazi, Kamal Al Hassi.

Après des mois de blocage, la National Oil Company (NOC) a levé le 20 septembre l’état de force majeure sur les champs pétroliers et les ports « sûrs », où ne sont pas présents les mercenaires de la firme paramilitaire russe Wagner.

Si l’accord a abouti à la relance de la production et des exportations de l’or noir libyen, il n’a toujours pas été validé par le Premier ministre Fayez al-Sarraj, qui a annoncé sa démission le 16 septembre et devrait quitter ses fonctions d’ici à la fin du mois d’octobre. Le Gouvernement d’union nationale (GNA) reste très critique face à l’initiative personnelle du numéro 2 du Conseil d’Etat.

Originaire de Misrata, l’homme d’affaires de 48 ans a mauvaise presse dans la cité-Etat où ses ambitions personnelles irritent notamment les alliés du ministre de l’Intérieur, le misrati Fathi Bachagha. Mais il compte le soutien de poids-lourds de la ville, comme son oncle Abderrahmane Swelhi, ancien président du Haut conseil d’État et l’homme d’affaires Abdulhamid al-Dabaiba.

Grâce à ce tour de force, Ahmed Miitig s’impose dans le paysage politique libyen. Et il pourrait se rendre incontournable dans le processus de pourparlers engagé entre les camps de l’Ouest et de l’Est, alors que des discussions ont repris sous l’égide de la mission onusienne en Libye, à Montreux, et de la diplomatie marocaine, à Bouznika. Détendu et confiant, Ahmed Miitig a répondu aux questions de Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Quelle peut être, à vos yeux, la solution à la sortie de crise dans le conflit libyen?

Ahmed Miitig : En politique, il n’y a jamais de solution parfaite sur laquelle tout le monde peut s’accorder. Nous devons maintenant créer une nouvelle Constitution pour poser des bases solides qui permettront d’organiser des élections présidentielles et parlementaires.

Mais avant cette étape, il faut apporter une solution immédiate aux problèmes économiques auxquels fait face la population. Après des années de conflits, les Libyens sont les premiers à en payer le prix, subissant les pannes d’électricité, les problèmes liés aux taux de change, la pénurie de biens de première nécessité… C’est ma priorité, d’où le sens de mon initiative visant à mettre en œuvre l’accord sur la relance de la production pétrolière.

De plus, plusieurs initiatives politiques – de l’UNSMIL [Mission d’appui des Nations unies en Libye], des Marocains, du Haut conseil d’État – ont été lancées simultanément. Je soutiendrai toutes les solutions proposées par les Nations unies à Genève. Mais selon moi, les solutions proposées ne vont pas répondre aux besoins des Libyens aujourd’hui.

Pourquoi avez-vous décidé d’agir en dehors du cadre des pourparlers menés par la mission onusienne en Libye ?

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