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Football : Ansu Fati, l’enfant prodige du Barça qui cumule les records

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Ansu Fati, du FC Barcelone, célèbre le but d'ouverture du match de football de la Liga espagnole entre le FC Barcelone et le Villareal FC au stade Camp Nou de Barcelone, le 27 septembre 2020.

Ansu Fati, du FC Barcelone, célèbre le but d'ouverture du match de football de la Liga espagnole entre le FC Barcelone et le Villareal FC au stade Camp Nou de Barcelone, le 27 septembre 2020. © Joan Monfort/AP/SIPA

À seulement 17 ans, il éblouit les socios du FC Barcelone et vient d’entrer dans l’histoire de la Roja. Né en Guinée-Bissau et arrivé en Espagne à l’âge de 6 ans, Ansu Fati étonne par sa précocité hors norme.

À tout juste 17 ans et 311 jours, il est devenu, le 6 septembre, le plus jeune buteur de l’histoire de l’équipe d’Espagne. Un record datant d’il y a quatre-vint-quinze ans et détenu jusque-là par Juan Errazquin, buteur en 1925, alors qu’il n’avait que 18 ans et 344 jours. Une performance XXL, symbole de son parcours précoce, depuis le début de saison, avec le FC Barcelone.

Fierté nationale

Né en 2002 à Bissau, Anssumane Fati Vieira est une source d’inspiration et de fierté dans le pays d’Afrique de l’Ouest soumis à une instabilité politique durable et végétant en bas du classement selon l’Indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

« Les gens sont fiers qu’un jeune né en Guinée-Bissau porte les couleurs d’un club aussi prestigieux que le FC Barcelone, où il joue aux côtés d’une star internationale telle que Lionel Messi. Ici, tout le monde suit de très près sa carrière, il est devenu l’homme le plus populaire du pays », explique à Jeune Afrique Manuel Lopes Nascimento, l’ancien président de la Fédération bissau-guinéenne de football.

Une enfance bouleversée par la situation compliquée qui prévaut dans le pays et qui contraint les Fati à émigrer en Europe. « Une partie de sa famille vit encore en Guinée-Bissau. Et même si lui-même réside en Espagne, il reste très attaché à son pays d’origine, d’après son père », ajoute manuel Lopes Nascimento.

De Bissau au Camp Nou

À l’âge de 6 ans, Ansu Fati arrive à Herrera, dans la province de Séville, où son père obtient un emploi à la mairie. Le rêve de ce dernier était de devenir footballeur professionnel, et il a transmis l’amour du ballon rond à ses enfants. Mais c’est Braima, le frère aîné d’Ansu, qui se fait remarquer le premier en intégrant le FC Séville.

Souhaitant suivre son exemple, le cadet fera lui aussi des essais dans plusieurs formations. Il signe d’abord à Herrera avant de rejoindre un an plus tard le grand club andalou. Par la suite, il est repéré par le Real Madrid et le FC Barcelone. Il finira par intégrer la Masia, le centre de formation du Barça, à l’âge de 9 ans.

Depuis 2012, il a évolué dans toutes les catégories et a fait partie de l’équipe Juvenil A – celle des moins de 19 ans –, entraînée par l’ancien gardien de but Victor Valdés. Repéré après de belles prestations en Youth League, avec notamment 4 buts et 3 passes décisives en 9 matchs l’an dernier, il aura su profiter des différentes blessures en équipe première (notamment celles de Lionel Messi et Luis Suarez) pour y être convoqué.

Plus jeune buteur de l’histoire de la sélection espagnole

Dès son premier match en Liga, Ansu Fati impressionne. Sous les couleurs catalanes, à 16 ans seulement, il accumule les records : plus jeune joueur à marquer et à délivrer une passe décisive dans un même match de Liga ; plus jeune joueur de l’histoire de la Liga à inscrire un but au Camp Nou ;  plus jeune joueur de l’histoire à compter deux buts en Liga ; et enfin plus jeune membre du Barça à en porter le maillot  depuis 1941.

Impressionnant en club, Ansu Fati, qui a entre-temps obtenu la nationalité espagnole, fait également preuve de précocité en équipe nationale. Durant la Ligue des nations 2020-2021, le 3 septembre, il est ainsi devenu le deuxième joueur le plus jeune de l’histoire à enfiler le maillot de l’équipe d’Espagne (derrière Zubieta en 1938). Trois jours plus tard, le jeune garçon formé à la Masia est aussi devenu le plus jeune buteur de l’histoire de la sélection espagnole, un record datant de 1925.

Avant qu’il n’opte pour la Roja, Fati avait été approché par la Guinée-Bissau. « Je connais le père du joueur. Nous avions échangé à plusieurs reprises et je souhaitais qu’Ansu joue pour son pays. Il a fait son choix, en préférant l’Espagne, ce que je peux comprendre. Je ne suis pas étonné », poursuit Nascimento.

Le pays manque d’ambition pour ses jeunes joueurs

Invité à préciser le fond de sa pensée, l’ancien dirigeant se montre incisif. « Le pays manque d’ambition pour ses jeunes joueurs. Qu’il s’agisse de ceux qui vivent en Guinée-Bissau – puisqu’il n’y a pas de politique de formation pour nos enfants, qui jouent sur des terrains vagues, alors qu’il y a du talent chez nous – ou de ceux d’origine bissau-guinéenne qui vivent en Europe. On ne fait pas assez pour les convaincre de jouer pour leur pays d’origine, car l’État n’aide pas assez le football. Nous avons perdu Fati comme tant d’autres avant lui. Et ce n’est pas le dernier, alors que, malgré nos modestes moyens, nous avons réussi à participer aux deux dernières CAN. »

Génération flamboyante

Considéré comme la relève de Lionel Messi, Ansu Fati n’aura peut-être pas la même carrière, mais une chose est sûre : il est devenu le symbole d’une nouvelle génération flamboyante qui marque de son empreinte le football moderne.

Alexis Billebault et Anthony Atangana

 

 

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